La formation au paysage numérique du ResEFE 2026

Retour sur les trois journées de formation et de sensibilisation aux enjeux du numérique

Le Réseau des Écoles françaises à l’étranger (ResEFE) développe chaque année une action de formation au paysage numérique, destinée aux membres de première année de ses cinq établissements.
À l’ère du numérique, maîtriser les outils et les méthodes digitales est devenu essentiel pour les chercheurs en sciences humaines et sociales. Au-delà de l’acquisition de compétences techniques, cette formation permet de réfléchir aux transformations méthodologiques et éthiques introduites par les technologies numériques et l’intelligence artificielle.

Pour sa 6ᵉ édition, la formation s’est tenue à l’École française de Rome du 7 au 9 janvier 2026, après une série de webinaires organisés de septembre à décembre 2025, où les participants avaient été sensibilisés aux enjeux de la science ouverte, des bibliothèques numériques et des plans de gestion des données.

 

Pour le ResEFE, inscrit dans le mouvement en faveur de la diffusion, du partage et de la valorisation du savoir et pleinement investi dans sa mission de formation à et pour la recherche, ces journées répondent à deux objectifs :

1 - Permettre aux jeunes chercheurs d’acquérir une connaissance toujours accrue sur des outils et des pratiques numériques, au contact d’intervenants experts dans leurs domaines de compétence.

La recherche scientifique à l’ère du 2.0 implique des connaissances toujours renouvelées sur des outils ou logiciels numériques, nécessite de penser et développer des méthodes de travail jusque-là inédites ou peu pratiquées. Les sciences humaines et sociales (SHS) se sont largement engagées sur ce chemin et les recherches en Humanités numériques attestent de cet appui sur l’informatique et de leurs échanges et enrichissements mutuels. Traiter des corpus massifs pour identifier des tendances linguistiques, créer des répertoires d’archives pour y analyser des métadonnées ou mixer des éléments de géolocalisation pour aboutir à des cartes interactives connectées à un site web sont autant d’illustrations de ces types de travaux qui se développent largement aujourd’hui pour l’archéologie ou la sémantique historique, par exemple, et qui permettent tant au monde académique de produire des résultats qu’au public d’avoir accès à ces connaissances.

Ainsi, plus d’une dizaine d’ateliers et de guichets a été proposée à une vingtaine de participants durant la formation, accompagnée de focus sur des projets spécifiques, pensés comme des « retours d’expériences » partagés en session plénière. 

2 - Favoriser les rencontres entre les membres de première année des 5 EFE, pour encourager les échanges inter-établissement, tant scientifiques que personnels.

Le ResEFE est plus qu’une addition formelle des EFE : c’est également une communauté de chercheurs répartis dans les cinq établissements. Ces derniers développent des collaborations entre eux, à travers des programmes scientifiques communs avec des études comparatives sur leurs divers terrains de compétences. Leurs membres se retrouvent autour d’objets de recherche ou disciplinaires, mais aussi en partageant un statut de post-doctorants, et ils ont en commun le fait d’être de jeunes professionnels engagés dans une carrière en construction. Pour encourager ces coopérations et ces échanges, pour favoriser l’inter-personnel, aujourd’hui et demain, depuis ses débuts, la formation nouveaux entrants permet de partager des moments de convivialité, institutionnels comme informels : à la réception au salon rouge du palais Farnèse, à l’invitation de la Directrice de l’EFR, font aussi écho un déjeuner partagé, les visites guidées des sous-sols archéologiques du site de Navone (le stade de Domitien et ses vestiges) et de la bibliothèque ou encore un moment cliché de la "Dolce vita" autour d’un spritz, organisé par les membres romains pour leurs homologues athéniens, cairotes et madrilènes. 

 

Trois nouveautés sont à mentionner pour cette session 2026, car ils ont en commun d’être inédits pour la formation :

  • Le passage de relais entre Bruno Morandière, ancien chargé de la transition numérique du ResEFE, et son successeur Jean-Sébastien Gros, dont l’implication pour cette formation a été l’un des premiers temps forts suite à sa prise de poste en septembre dernier ;
  • La tenue d’ateliers en mode hybride, la neige ayant bloqué en France un grand nombre d’intervenants ;
  • La proposition d’une table ronde qui a permis de varier les formats entre la session plénière et les ateliers dédiés à la pratique. Intitulée « Les usages de l’IA en SHS », cette rencontre, a été modérée par le directeur des études de la section Moyen Âge de l’EFR, Cédric Quertier. Elle a réuni deux chercheuses, Anne Marijnen (université de Paris 8) et Evgeniya Shelina (EFR), dans des interventions qui se faisaient écho, entre approches macro et micro, autour des intelligences artificielles génératives. La première proposant des définitions ou typologies d’IA sans en oublier les biais, limites ainsi que les enjeux, alors que la deuxième a présenté son utilisation de ChatGPT pour ses travaux en analyses computationnelles, illustrant l’idée que l’IA est un partenaire pour le scientifique, et celle qu’une historienne pouvait coder et programmer. Le public a suivi avec intérêt ces deux contributions à la fois denses et accessibles et les échanges, par la suite, ont amené à interroger la notion d’évaluation des connaissances pour ces professionnels qui enseignent déjà en université, ou encore à questionner les risques inhérents aux IA génératives (standardisation, droits d’auteur, suprématie de la langue anglaise).

 

Cette édition marque un moment fort pour le ResEFE, alors que Brigitte Marin, directrice de l’École française de Rome, inaugure son mandat à la présidence tournante du réseau.

 

Experts intervenants

  • Elena Avellino : bibliothécaire, EFR
  • Emmanuelle Bryas : chargée des ressources et de l'ingénierie documentaire, INRAP
  • Lorenzo Fornaciari : topographe du laboratoire d’archéologie, EFR
  • François Fouriaux : topographe du Centre Jean Bérard (UAR 3133)
  • Bruno Morandière : ingénieur de recherche, HumaNum (UAR 3598)
  • Vincent Paillusson : responsable informatique, EFEO
  • Christophe Tufféry : ingénieur d’étude, ministère de la Culture et de la Communication
  • Anne-Violaine Szabados : ingénieur de recherche, ARSCAN (UMR 7041)
  • Elisa Saltetto : bibliothécaire, EFR
  • Richard Walter : ingénieur de recherche, THALIM (UMR 6172)

Comité d’organisation

  • Jean-Sébastien Gros : chargé de la transition numérique, ResEFE
  • Cécile Martini : responsable de la bibliothèque et référente Science ouverte, EFR
  • Bérénice Waty : responsable du service d’appui à la recherche, EFR

 

 

 

Categories L'EFR Réseau des EFE
Published on 01/13/2026 - Last update on 01/21/2026
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