La mémoire retrouvée : la nécropole tardo-hellénistique de Cumes

Categoria : Centre Jean Bérard Valorisation de la recherche
Le film documentaire du Centre Jean Bérard

 

Production : Centre Jean Bérard (USR 3133 CNRS-EFR)

En collaboration avec : Parc Archéologique des Champs Phlégréens - Collège de France

Financement : Fonds de dotation Arpamed - Ministère de l'Europe et des affaires étrangères

Réalisation : Edikom

Coordination scientifique : Priscilla Munzi (Centre Jean Bérard, USR 3133 CNRS-EFR)

 

"La mémoire retrouvée : la nécropole tardo-hellénistique de Cumes"

S’il est un site archéologique mythique en Italie, c’est bien celui de Cumes en Campanie. Situé à 25 km à l’ouest de Naples, sur la côte de la mer Tyrrhénienne en face de l’île d’Ischia, Cumes est considérée par les historiens antiques comme la plus ancienne colonie grecque en Occident. Depuis 2008, les recherches du Centre Jean Bérard, laboratoire sous la double tutelle du CNRS et de l’École française de Rome basé à Naples, portent sur la nécropole gréco-romaine, sur son organisation topographique, sur l’évolution des ensembles funéraires ainsi que sur les pratiques funéraires. Cette nécropole comprend de nombreux contextes funéraires aménagés le long de trois voies sortant de la Porte médiane des fortifications septentrionales et qui marquent son évolution de la fin du IVe siècle avant et le VIe siècle après J.-C. Au cours de ces dix dernières années, les recherches du Centre se sont concentrées sur un secteur datable entre le IIe et le Ier siècle avant notre ère. À quelques mètres de distance entre elles, se trouvent des tombes à chambre pour inhumations multiples et des tombes à parallélépipèdes avec stèle ou à fosse avec cippe pour crémations individuelles. Une demi-douzaine de tombes à chambre constituées d’une construction voûtée semi-hypogée (enterrée) en grand appareil de tuf volcanique local ont été fouillées. Elles présentent une façade monumentale en grands blocs et une chambre semi-hypogée de forme rectangulaire avec une corniche moulurée à partir de laquelle démarre la voute en berceau. Les sols sont réalisés en dalles de tuf ou en terre battue. On accédait à ces tombeaux par des couloirs creusés dans la terre. La façade des monuments ainsi que l’intérieur des chambres étaient recouverts d’enduits parfois peints. Les hypogées cumains sont tous à déposition multiple : les inhumés sont placés sur des lits ou dans des caissons en dalles de tuf, disposés le long des murs.

Les tombes mises au jour montrent bien la vivacité culturelle de la cité phlégréenne : une ville qui, malgré le fait qu’elle continue à conserver un substrat culturel grec et bien qu'elle soit résolument liée de plus en plus au monde romain, apparaît encore au Ier siècle av. J.-C. avec une forte composante osque. Dans cette société mixte, les familles osques ou d'origine osque, tout en maintenant leur identité culturelle, conservent le pouvoir politique et économique dans la ville. Cette constance ne se déduit pas uniquement des pratiques funéraires, car elle est bien documentée par quelques inscriptions relatives aux monuments publics de la ville, où l’utilisation de l’osque dans les inscriptions dédicatoires après 180 est un signal fort du pouvoir de ces grandes familles cumaines.

En 2020, grâce à un financement du Fonds de dotation ArPaMed (Paris), un projet de valorisation de ce secteur de la nécropole cumaine d'époque tardo-hellénistique a pu être lancé et ce film en est un des premiers résultats.

 

Date de réalisation : Juillet 2021

Durée du programme : 15 min

Collection : Centre Jean Bérard

Langue : Français

 

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