Patrice Pomey (1943-2021)

Crédits photographiques : L. Damelet, CNRS-Centre Camille-Jullian.

Catégorie : Les personnes Anciens membres Presse
Communiqué
Rome, le 9 mars 2021

C’est avec une profonde tristesse que nous apprenons la disparition, ce dimanche 7 mars, de Patrice Pomey, ancien membre de l’EFR (1971-1974). Savant de renommée internationale, il était aussi un homme d’une modestie, d’une égalité d’humeur, d’une amabilité qui touchaient tous ceux qui l’approchaient. Formé à l’archéologie et à l’histoire à la Sorbonne et à l’École Pratique des Hautes Études, il participa, au cours de son séjour romain, aux fouilles des caves du Palais Farnèse et au chantier de Bolsena (Latium).

Dès cette époque, il se lança dans les recherches sous-marines, qui furent la passion d’une vie, depuis les épaves du sud de la France jusqu’à celles de l’Égypte antique. Cette passion le conduisit en Provence, où il prit la direction, entre 1984 et 1991, du Département de recherches archéologiques subaquatiques et sous-marines (DRASSM) et celle de la revue Archaeonautica. Au sein du Centre Camille-Jullian (CNRS-AMU), dont il assura la direction entre 2000 et 2008, il prolongea et renforça l’action de ses prédécesseurs en faveur de « l’école aixoise » d’archéologie navale, formant de jeunes chercheurs pour prendre bellement la relève.

Au sein de celle-ci, on compte plusieurs Italiens, car Patrice Pomey était toujours resté lié à la péninsule, participant à de nombreuses rencontres, signant des études qui ont fait date, entre autres avec son ami le professeur P. A. Gianfrotta. Plus largement, il appartenait à la famille internationale des spécialistes d’architecture navale. Mettant en pratique ses connaissances des techniques de construction maritime antiques, il prit la responsabilité, entre 2007 et 2015, d’un programme d’archéologie expérimentale qui aboutit à la construction, en reproduisant les savoir-faire anciens des bateaux cousus, de la réplique d’une grande barque de pêche grecque d’époque archaïque découverte à Marseille. La mise à l’eau du « Gyptis », en 2013, fut un moment d’émotion intense : allait-il flotter, ou couler à pic ? Il flotta bel et bien, et Patrice Pomey prit plaisir à organiser des sorties dans la baie de Marseille au cours des années suivantes. C’est sur le Gyptis qu’on aime penser à lui aujourd’hui, au moment où il quitte nos rives, en sachant combien il va nous manquer.

 

Crédits photographiques : L. Damelet, CNRS-Centre Camille-Jullian.

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