All'etrusca. La découverte de la culture matérielle et visuelle étrusque dans l’Europe pré-moderne et moderne

Date d'archivage : 08/07/2022
Colloque international 23-25.02.2023

PROLONGATION l'appel à communications est ouvert jusqu’au 7 juillet 2022.

Swedish Institute of Classical Studies in Rome
École française de Rome

Sous le patronage de l’Istituto Nazionale di Studi Etruschi ed Italici

 

Organisateurs

  • Ulf R. Hansson
  • Swedish Institute of Classical Studies in Rome
  • Julie Labregère
  • Université de Tours
  • Christian Mazet
  • École française de Rome

 

Comité scientifique

  • Harari Maurizio, Università degli Studi di Pavia
  • Lubtchansky Natacha, Université de Tours
  • Michetti Laura M., Sapienza Università di Roma
  • Nizzo Valentino, Museo Nazionale Etrusco di Villa Giulia
  • Rowland Ingrid D., University of Notre Dame
  • Weber-Lehmann Cornelia, Ruhr-Universität Bochum

Présentation

Perspectives et objectifs du colloque

Le colloque international "All'etrusca. La découverte de la culture matérielle et visuelle étrusque dans l’Europe pré-moderne et moderne" vise à développer une réflexion globale sur l'impact des expressions matérielles et visuelles de la civilisation étrusque, depuis sa découverte au XVe siècle jusqu'à la fin du XIXe siècle, lorsque l'étruscologie s'est imposée comme discipline archéologique. Plusieurs aspects interdisciplinaires du phénomène seront mis en évidence, en se concentrant sur son impact dans les expressions culturelles européennes telles que les arts et l'artisanat, l'architecture et le mobilier, la littérature et la pensée politique, selon un spectre chronologique large. Ainsi, l'objectif sera de réévaluer et de chercher à mieux définir les caractéristiques de la culture matérielle et visuelle étrusque dans le processus de réception artistique et culturelle à l'époque moderne, en examinant spécifiquement le statut, encore mal défini, de la matérialité étrusque, en essayant de mettre en évidence et, si nécessaire, de laisser de côté les catégories historiographiques prédéterminées.

Bilan historiographique

L'expression "découverte" des Étrusques fait immédiatement référence à la publication du De Etruria Regali de Thomas Dempster par Filippo Buonarrotti entre 1723 et 1726, qui est considérée comme le point de départ des travaux scientifiques modernes sur les Étrusques et aussi comme le début de l'etruscheria en Europe. Il ne faut cependant pas oublier que l’ouvrage a été rédigé au tout début du XVIIe siècle et que les écrits des précurseurs de l’étruscologie au siècle des Lumières s'appuyaient systématiquement sur une investigation méticuleuse des manuscrits des antiquaires de la Renaissance. Cependant, ces sources anciennes inédites sont ensuite tombées dans l'oubli, tout comme leurs auteurs. Dans un article de 1949 sur l'histoire des études étrusques, Raymond Bloch fait à peine référence à la période précédant le XVIIIe siècle, qu'il qualifie de "préhistoire érudite". Ce n'est que chez certains épigraphistes des années 1920-30, notamment Olof Gustav Danielsson et Giulio Buonamici, que survit l'intérêt pour l'apport des archives des antiquaires de la Renaissance.

À partir de 1950, on assiste à l’essor des études sur l'impact des découvertes étrusques sur les artistes. Il faut reconnaître aux historiens de l'art le mérite d'avoir ouvert une nouvelle perspective dans les études sur la réception en tentant de déceler un héritage visuel étrusque dans les œuvres d'artistes modernes : Charles-Claude Van Essen est le premier à étudier l'influence de l'art étrusque sur les sculpteurs et les architectes de la Renaissance, suivi quelques années plus tard par André Chastel. Les monuments et œuvres étrusques qu'ils citent comme sources d'inspiration pour les artistes du Quattrocento sont cependant presque tous issus de découvertes archéologiques ultérieures.

Ce n'est qu'à partir de la fin des années 1970, avec les recherches de Mauro Cristofani et Marina Martelli sur les dessins et les manuscrits anciens, que l'importance de cette documentation inédite apparaît, fournissant de précieuses informations sur les collections, les contextes archéologiques des objets, les inscriptions et la diffusion des découvertes dans les réseaux intellectuels et antiquaires. Les travaux plus récents de Gilda Bartoloni et Paola Bocci Pacini dans les archives toscanes du XVIe siècle, ainsi que ceux de Riccardo Massarelli et Alberto Calderini dans celles de Gubbio et de Pérouse, ont également apporté une contribution significative à la connaissance du regard que les hommes de la Renaissance portaient sur les objets qu'ils identifiaient comme étrusques.

Enfin, il nous semble important de souligner le rôle essentiel des expositions dans le développement de la recherche sur la réception des Étrusques. L'exposition Fortuna degli Etruschi est l'un des événements du grand " Progetto Etruschi " de la Région Toscane en 1985 : pour la première fois, le thème de la réception des Étrusques dans la culture et l'art à l'époque moderne et contemporaine fait l'objet d'une manifestation scientifique réunissant chercheurs, conservateurs et artistes autour de plusieurs axes. En 1992, Les Étrusques et l'Europe qui se tient au Grand Palais à Paris (puis à Berlin à l'Altes Museum en 1993) montre l'impact de la civilisation et de l'art étrusque sur la construction de la culture européenne à l'époque antique et moderne, en explorant des champs disciplinaires autres que l'archéologie classique, comme la littérature, l'histoire de la mode, l'orfèvrerie, ou l'histoire des copies et imitations de l'antique.

L'approche comparative de Van Essen et Chastel, couplée à une enquête rigoureuse sur les découvertes et les collections étrusques à la Renaissance, pourrait cependant être adoptée pour obtenir des résultats susceptibles de contribuer de manière significative à l'histoire du patrimoine, de la circulation des objets étrusques et de leur rôle dans les milieux culturels et artistiques à l'époque moderne : il y a là tout un champ de recherche qui reste plus ou moins à explorer. Cette approche ne doit pas se limiter à la Renaissance, mais s'étendre également aux périodes précédentes et ultérieures, afin d'identifier dans les productions artisanales et artistiques européennes des images, des motifs, mais aussi des techniques et des matériaux qui ne reflètent pas seulement "l'idée" des Étrusques - si présente dans l’Etruscan Taste, par exemple - mais s'inspirent d'objets et de monuments clairement identifiables. Les œuvres actuelles qui adoptent cette approche mettent donc en évidence deux types d'impact visuel : d'une part, un langage visuel représentant l'"imaginaire étrusque", en référence à des images qui n'ont parfois rien d'étrusque, mais qui sont souvent fondées sur la littérature scientifique contemporaine - par exemple, les vases grecs utilisés comme modèles pour Wedgwood - et, d'autre part, l'impact des formes, des images et des motifs nés de l'observation directe des artefacts étrusques. Les écrits de Maurizio Harari, qui proposent une réflexion sur la construction de l'imaginaire étrusque dans la culture moderne et contemporaine, sont fondamentaux de ce point de vue.

Thèmes à explorer

Afin d'embrasser un large éventail de sujets, les communications proposées pourront s'inscrire dans 5 thèmes structurants :

 

I. Les découvertes archéologiques étrusques et leur impact sur la constitution des collections et des expositions

Selon les témoignages archéologiques et littéraires disponibles, la connaissance de la culture étrusque apparaît à partir de la seconde moitié du XVe siècle, et continue à se développer et à être réinvestie au cours des siècles suivants. Dans ce processus, l'histoire du collectionnisme et des collections joue un rôle fondamental. Pourquoi, comment et par quels moyens la découverte de la culture matérielle étrusque est-elle entrée dans les pratiques des collectionneurs et des musées européens ? En quoi se distingue-t-elle des autres catégories artistiques ? Peut-on identifier des moments clés dans cet héritage ? Enfin, il est nécessaire de revenir à la documentation initiale, dans l'intention de clarifier ce que l'on savait réellement des Étrusques, selon les périodes considérées.

 

II. Etruscherie locales et européennes, entre tradition et interprétation

En essayant autant que possible de dépasser les problématiques bien connues et déjà largement établies du vaste champ de l'etruscheria, on s'intéressera aux réinventions artistiques locales, en évaluant par exemple la question de l'enracinement des pratiques artisanales, sans l'intermédiaire de l'érudition ou de la mode. Outre cette réflexion sur la continuité, on appréciera les synthèses novatrices sur les thèmes clés de l'Etruscan Revival.

 

III. Faux et pastiches étrusques

En se concentrant sur la question des faux et des pastiches, voire des assemblages d'antiquités, il s'agit de mettre en lumière tout un pan de la production « all'etrusca » destinée soit à tromper les collectionneurs et les musées, soit à satisfaire les goûts d'une clientèle particulière, afin d'établir les multiples facettes qui déterminent les motivations de ces créations originales.

 

IV. Les objets étrusques dans la littérature

Un autre thème à explorer est celui de la réception des objets étrusques ou supposés tels dans la littérature européenne depuis le Moyen Âge. La littérature artistique, les carnets de voyage, la poésie et les romans sont autant de ressources qui peuvent nous permettre de mieux comprendre la manière dont la culture matérielle et visuelle étrusque était perçue par les spectateurs et les commentateurs. Il sera également possible d'étudier l'évolution dans le temps de la perception des objets étrusques dans la littérature archéologique.

 

V. Les objets étrusques en tant que revendications politiques

Comment les objets étrusques ou leurs imitations ont été utilisés, détournés, pour servir des objectifs ou des revendications politiques. Cet aspect visera à évaluer les phénomènes de campanilisme, de régionalisme et même de nationalisme liés à la découverte de la culture matérielle étrusque, parfois en contraste avec d'autres expressions artistiques de l'Antiquité classique.

 

Le colloque se déroulera au Swedish Institute of Classical Studies in Rome et à l'École française de Rome.

Des visites seront organisées au Swedish Institute et à l’ETRU Museo Nazionale Etrusco di Villa Giulia.

Soumission des candidatures

PROLONGATION L’appel à communications est ouvert jusqu’à la date limite du 7 juillet 2022.

Il est ouvert aux doctorants, aux jeunes chercheurs et aux chercheurs confirmés. Les propositions de communication d'environ 300 mots, accompagnées d'une brève notice biographique, doivent être envoyées avant le 7 juillet 2022 à l’adresse suivante : convegnoalletrusca(at)gmail.com.

La durée de chaque communication sera de 30 minutes.

 

 

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Catégories : La recherche Appels à contribution
Publié le 30/05/2022 - Dernière mise à jour le 30/06/2022
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