Sociétés carcérales. Espaces, circulations, connexions

Catégorie : La recherche Formations Appels à candidatures
Appel à candidature
Date limite de dépôt des candidatures repoussée au 1er juin 2020 à 17 h (heure de Rome)

Atelier doctoral interdisciplinaire "La Méditerranée : un laboratoire de l'histoire globale et des processus de globalisation, 6"

 

Rome, École française de Rome, 19-23 octobre 2020

 

Les institutions carcérales constituent aujourd’hui, en France, un domaine autonome des sciences sociales. Depuis les années 1960, elles ont été principalement étudiées sous l’angle du contrôle et de la régulation sociale, en mettant l’accent sur la naissance de la prison moderne à la fin du 18e siècle. Dans les deux dernières décennies ont émergé de nouvelles interrogations notamment quant aux formes d’appropriation de l’espace et aux sociabilités qui leur étaient propres, entre reclus et surveillants, hommes, femmes et enfants, qui y vivaient ensemble. Ce faisant, la focale s’est élargie, portant également l’attention sur d’autres types d’enfermements que l’emprisonnement pénal (monastères, hôpitaux, asiles, dépôts de mendicité…), dans le sillage de travaux d’E. Goffman. Aujourd’hui, elles font l’objet d’interrogations renouvelées qui portent aussi bien sur la nature de l’Etat que sur les effets sociaux de l’enfermement. L’atelier doctoral propose d’approfondir toutes ces questions dans une perspective chronologique et géographique large, allant de l’antiquité au 21e siècle et concernant toutes les régions du monde. Comment et qui enferme-t-on ? Pour quelles raisons et sous quelles formes ? Quelles étaient les spécificités de ces différents enfermements ? Est-il possible de les penser ensemble, en les approchant par les pratiques et les techniques qui leur étaient communes ? Trois thèmes seront particulièrement discutés :

 (1) Les espaces de l’enfermement : Bien avant la formalisation au 19e siècle de l’institution pénitentiaire et de ses différents modèles architecturaux (circulaires, polygonaux, radiaux…) voués à une surveillance panoptique des détenus, certains espaces ont été investis pour servir de lieux d’enfermement (anciens couvents, hôpitaux, forteresses, casernes, îles, bagnes, confins, nouvelles constructions…). Comment ont-ils été façonnés ou adaptés ? Comment ont-ils évolué, notamment du fait des pratiques d’appropriation et de contestation des détenus (fuites, trocs, commerce sexuel…) ?  

 (2) Les circulations : Contrairement à une idée répandue, les espaces carcéraux ne sont pas coupés de la société environnante (au proche et au lointain) mais entretiennent avec elle des rapports complexes d’ouverture et de fermeture. Si beaucoup de gens y entrent (administrateurs, fournisseurs, visiteurs…), les détenus en sortent aussi —par exemple pour travailler aux champs ou chez des artisans. Comment, dès lors, ces derniers s’insèrent-ils dans la société globale (en ville ou à la campagne) ? Quels sont les échanges, circulations et transferts entre le dedans et le dehors ainsi que leurs répercussions sur l’organisation des sociétés carcérales ? Comment les frontières culturelles, linguistiques, religieuses traversent-elles ces espaces et transforment-elles les rapports entre les deux côtés du mur ?

 (3) Les connexions : Le 19e siècle connaît une « Europe pénitentiaire » (M. Perrot) marquée par des congrès d’experts, des publications qui circulent, des modèles qui sont copiés ou contestés. Ces connexions à l’échelle des discours et des pratiques officielles, ont-elles des équivalents aux époques antérieures ? Sont-elles toujours mobilisées aujourd’hui ? Existe-t-il un espace d’idées et de techniques partagées en Europe, voire dans le monde, pour penser et pratiquer l’enfermement, des cultures carcérales communes qui se seraient configurées et transformées dans le temps ? Et quelles en sont les conséquences sur les expériences carcérales locales ?

 L’atelier est ouvert aux doctorants et aux étudiants de M2 de toutes disciplines et de toutes nationalités. Une attention particulière sera portée aux questions théoriques et de méthode, à la réflexion sur les sources et les documents à mobiliser et les échelles d’analyse. Des séminaires historiographiques et problématiques alterneront avec des ateliers centrés sur la présentation des travaux des étudiants. Les langues de travail sont le français, l’italien et l’anglais.

 

DOSSIER DE CANDIDATURE

Le dossier de candidature comprendra les deux pièces jointes suivantes à attacher directement au formulaire en ligne (format pdf) :

1.                      Champ « lettre de motivation » (un seul pdf) :

o          une lettre de motivation ;

o          un résumé (max. 4000 caractères) de l’intervention proposée ;

o          une lettre de recommandation écrite par un.e titulaire dans l’enseignement supérieur et la recherche qui prendra soin de dater et signer la lettre et de faire explicitement référence au présent atelier.

2.                      Champ « CV » (un seul pdf) :

o          un curriculum vitae (max. 3 pages) accompagné d’une présentation des recherches en cours et d’un programme de travail.

Tous ces documents peuvent être rédigés en français, italien ou anglais.

 

ENVOI DU DOSSIER DE CANDIDATURE

La réception des dossiers de candidature pour l’EFR est ouverte via le formulaire en ligne accessible à l’adresse suivante :

https://candidatures.efrome.it/atelier_doctoral_interdisciplinaire_mediterrannee_6_2020

 La réception des dossiers s'achèvera le 1er juin 2020 à 17 h (heure de Rome).

⚠ ATTENTION : L'envoi du dossier de candidature est définitif, il ne sera pas possible de revenir sur une candidature.

⚠ ATTENTION : Pour éviter tout problème technique, veillez à ne pas déposer votre candidature au dernier moment.

 

Les candidats retenus sont tenus d’assister à l’ensemble des cours et ateliers.

Il sera demandé à chaque participant d’envoyer aux organisateurs, avant le 21 septembre 2020, 20.000 signes de présentation de leurs travaux comprenant une description de leur corpus de sources, en y joignant une bibliographie synthétique.

La formation, les déjeuners et le logement des participants seront assurés par l’École française de Rome et l’École des hautes études en sciences sociales. Les participantes et participants devront prendre en charge les frais du voyage à Rome.

Pour toute information, vous pouvez contacter Claire Challéat, assistante scientifique pour les époques moderne et contemporaine à l’École française de Rome, Piazza Farnese 67, 00186 Rome, secrmod(at)efrome.it

 

Comité scientifique : Falk Bretschneider (EHESS), Natalia Muchnik (EHESS), Fabrice Jesné (EFR), Silvia Sebastiani (EHESS).

 

 

Télécharger l'appel

Scaricare il bando

Download the call

 

Illustration : gravure de Daniel Nikolaus Chodowiecki

p
a
r
t
a
g
e
r