Des Italies, des Italiens. Une mosaïque de peuples, de l'Antiquité à nos jours

Catégorie : La recherche Ressources multimedia
Lieu et date :

Blois

Le 10/10/2019 de 20 h 00 à 21 h 30

Carte blanche de l’EFR aux rendez-vous de l'Histoire de Blois
10 octobre 2019, 18h-19h30

Jeudi 10 octobre 2019, de 18h à 19h30

Hôtel de ville de Blois

Le triomphe de l’Etat-nation donne l’image d’une Italie monolithique. Son histoire est pourtant marquée par la diversité des populations qui y ont circulé et fait souche, des peuples préromains aux minorités linguistiques contemporaines.


Modératrice :

  • Catherine BRICE, professeure à l’Université de Paris-Est Créteil-Val-de-Marne

Intervenants :

  • Annick PETERS-CUSTOT, professeure à l'Université de Nantes
  • Fabrice JESNÉ, directeur d’études à l’Ecole française de Rome
  • Mathieu GRENET, maître de conférences en histoire moderne à l’INU Champollion
  • Stéphane BOURDIN, professeur à l’Université Lumière-Lyon II

Présentation :

Depuis la fin de l’Âge du Fer, l’Italie apparaît comme une mosaïque de cultures, de langues et de peuples divers (les Étrusques, les Latins, les Ombriens, les Samnites etc.). Sur ce terreau, Rome parvient à mettre sur pied une vaste coalition de peuples alliés, qui plus tard reçoivent la citoyenneté romaine : tous les Italiens sont désormais des Romains, qui participent à l’administration et à l’exploitation d’un vaste empire, peuplé, lui, de provinciaux. Nous discuterons ici l’idée d’identité italienne dans l’Antiquité : comment se forme le concept d’Italie à l’époque préromaine et comment s’articulent les différentes identités (romaine, italienne, provinciale) à l’époque romaine ?

L’histoire de l’Italie médiévale et moderne est, quant à elle scandée, par l’arrivée régulière et permanente de populations qui y importent leurs langues, droits, traditions, cultures, dont l’insertion dans le paysage péninsulaire et insulaire est un considérable moteur à la fois de créativité sociale, culturelle et politique, et de fragmentation géographique. Goths, Byzantins, Lombards, Francs, Arabes, Normands, Allemands de la Palerme Hohenstaufen puis de Venise, Français puis Aragonais de Naples, « Grecs » de Rome, Albanais du « Mezzogiorno », Français (à nouveau) de Milan... Cette longue histoire a forgé une mosaïque de régions fortement marquées par des spécificités juridiques, linguistiques et religieuses qui ont parfois projeté leur identité dans des constructions politiques propres (principautés lombardes, émirat de Sicile, royaume « normand » de l’Italie méridionale) et qui surtout ont laissé en héritage une diversité culturelle, linguistique et même gastronomique qui a contribué au paysage éclaté de l’Italie contemporaine.

Dans l’Europe du XIXe siècle toute entière, et pas seulement en Italie, la « création des identités nationales » (A.-M. Thiesse), c’est-à-dire l’invention de peuples conçus comme des entités cohérentes et anhistoriques, ou du moins très anciennes, vient se plaquer de façon plus ou moins conflictuelles sur la réalité de la diversité humaine précisément héritée des époques antérieures. En Italie comme ailleurs, la diversité des identités locales (les « petites patries ») est cependant intégrée à la définition du caractère national, même si, du point de vue politique et institutionnel, c’est un projet centralisateur à la française qui l’emporte sur les options plus fédéralistes. Reste que la monarchie constitutionnelle fait du libéralisme politique le cœur de son identité, donnant plein droit de cité aux minorités religieuses, la question linguistique étant quant à elle cantonnée à une approche essentiellement folklorique, avant que le fascisme n’impose brutalement une vision exclusive et ethniciste de la nation. Au contraire, l’Italie républicaine a cherché à insérer la diversité au sein du cadre démocratique.

 

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