Philippe Lefeuvre

philippe.lefeuvre22(at)gmail.com
Chargé de recherche CNRS contractuel, mis à disposition de l'EFR jusqu'au 31 août 2022
Section Moyen Âge
Docteur en histoire médiévale de l’Université Paris I Panthéon-Sorbonne
Ancien membre de l'École française de Rome (2018)
Ancien élève diplômé de l’École Normale Supérieure de la rue d’Ulm (2012)
Chercheur associé au Laboratoire de Médiévistique Occidentale de Paris (LAMOP, UMR 8589)
Agrégation externe d’histoire (2009)
Domaines de recherche
  • Sociologie rurale – Sociétés rurales, villes-campagnes
  • Histoire politique - Seigneurie rurale, coseigneurie
  • Histoire économique – Crédit rural, circulations monétaires
  • Histoire religieuse – Monachisme vallombrosain, réforme monastique, frères convers
  • Histoire de l'écrit – Notariat, pratiques de l’écrit
Projets de recherche
  • Thèse de doctorat

La notabilité rurale dans le contado florentin, Valdarno Supérieur et Chianti, aux XIIe et XIIIe siècles

sous la direction de M. le professeur Laurent Feller, Paris I Panthéon-Sorbonne, Laboratoire de Médiévistique Occidentale de Paris (LAMOP, UMR 8589), thèse soutenue le 12 novembre 2016

Conçue comme une enquête sur les élites rurales, cette thèse vise à restituer les étapes permettant au notable rural, un idéal-type social, de s’imposer dans un territoire donné. Le contado florentin est un cas paradigmatique. Les mobilités sociales et l'inurbamento des ruraux aisés sont vus comme les facteurs d’affaiblissement de communautés rurales livrées aux appétits citadins. La recherche mobilise le fonds de trois abbayes vallombrosaines, Montescalari, la Vallombreuse et Coltibuono, en se concentrant sur le quart Sud-Est du contado florentin (fonds Diplomatico de l’Archivio di Stato de Florence). La reconstitution de trajectoires familiales oblige à replacer ces trajectoires dans l’évolution plus large des logiques de la distinction sociale. Les éléments qui fondent la sociabilité rurale se transforment radicalement. Une société, organisée à l’échelle locale, et très hiérarchisée dans le cadre seigneurial, fonctionne, jusqu’aux premières décennies du XIIIe siècle, sur l’exploitation de la terre et des hommes et sur la redistribution des bénéfices de la rente foncière entre un grand nombre de familles. Ce sont moins les profits du commerce et de l’artisanat rural qui font évoluer cette situation que l’intégration des patrimoines seigneuriaux aux dynamiques économiques de la ville. Le crédit fonctionne alors aux dépens des anciennes solidarités pour devenir un facteur de différenciation sociale. Au même moment, on observe une transformation des cercles à l’intérieur desquels se conservent et se transmettent les capitaux symboliques et matériels : la famille et ses prolongements ; les seigneuries rurales ; les communes rurales et les clientèles de la haute aristocratie.

  • Projet de recherche post-doctorale

Servir et dominer : les intermédiaires seigneuriaux en Toscane (XIe-XIIIe siècles)

On se propose, par l’étude des intermédiaires seigneuriaux, de mettre à nu les mécanismes de légitimation de l’ordre seigneurial qui a marqué l’Europe occidentale, du XIe au XIIIe siècle. Le cadre choisi est celui la Toscane, ce qui suppose, en arrière-plan, de considérer le rôle joué par la seigneurie dans la formation des sociétés politiques qui ont été la base même des nouveaux territoires citadins. Les individus étudiés sont ceux que les sources font apparaître en charge des affaires de leurs maîtres, ministeriales, frères convers, hommes de masnada, castaldiones, massarii, etc. À travers des dénominations variées, ces figures avaient en commun d’assurer la transmission des ordres, le prélèvement des redevances et constituaient, de ce fait, un maillon indispensable au contrôle seigneurial sur les communautés d’habitants. Recrutés à l’intérieur de ces communautés, ils étaient la manifestation la plus évidente du pouvoir seigneurial et les groupes ou les parentèles concernées trouvaient dans le service du seigneur une sanction de statut et de notabilité.
Ces représentants d’une frange dominante des dominés ne se contentaient pas de participer à l'ordre seigneurial mais y puisaient les ressources de leur capital économique, social et symbolique. C’était, en partie du moins, dans le service au du seigneur, qu’ils trouvaient le moyen de maintenir une position localement dominante. Dans un territoire où la frontière était parfois très ténue entre ces intermédiaires et leurs seigneurs, l’étude de ces groupes permet d’envisager l’ordre seigneurial comme un fait collectif, associant laïcs et religieux, plutôt que comme une projection d’intérêts domestiques sur les sociétés locales. À travers l’étude de ces figures, on considère la seigneurie comme l’un des possibles moyens d’ascension sociale de la période précédant le Trecento toscan.

Publications

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Articles scientifiques parues dans une revue à comité de lecture

  • « L’abbaye de Montescalari et ses partenaires particuliers (contado florentin, XIe‑XIIe siècles) », Rives Méditérannéennes, UMR TELEMME, 2021, dossier Corpus textuel, individus et groupes sociaux De l’enquête à une histoire économique et sociale, M. Dubois (éd.), vol. 62, pp.17-41, https://doi.org/10.4000/rives.8554

  • « Sicuti boni homines et masnaderii : dépendance et distinction sociale dans les seigneuries du contado florentin (XIIe-XIIIe siècles) », Mélanges de l’École française de Rome – Moyen Âge, 130-2, 2018, Varia, p. 363-379, https://doi.org/10.4000/mefrm.4070

  • « Tenir et travailler la terre : l'expression de la possession foncière dans les campagnes florentines du XIIIe siècle, d’après une audition de témoins des années 1240 », Histoire et sociétés rurales, n° 49, 2018, p. 55-87, https://doi.org/10.3917/hsr.049.0055

Actes de colloques

  • « Profits et travail de la terre dans la Toscane romane (territoire florentin XI-XIIe siècles) », dans La terre à l'époque romane, Exploitation, usages et représentations, Actes du 24e Colloque International d'Art Roman (Issoire, octobre 2014), S. Fray, D. Morel (éd.), Revue d'Auvergne, vol. 130, n° 619, 2016, p. 161-174.

  • « Le notariat rural du contado florentin. Chianti et Valdarno supérieur (XIIe-XIIIe siècles) », dans Le scribe d’archives dans l’Occident médiéval, Formation, carrières, réseaux, X. Hermand, J.-F. Nieus,  É. Renard (éds.), Brepols, Turnhout, 2019, p. 315-342, Utrecht Studies in Medieval Literacy 43.

Mélanges et ouvrages collectifs

  • « L'alleu et les degrés de la possession foncière dans le contado florentin (XIIe siècle) », Alleux et alleutiers, Propriété foncière, seigneurie et féodalité (France, Catalogne, Italie, Xe-XIIe siècle), N. Carrier (éd.), CIHAM éditions, Lyon-Avignon, 2021, p.235-243, Collection Mondes médiévaux 4.

  • « Comment passer de l'acte écrit au fait ? Une source produite collectivement du XIIIe siècle à nos jours », dans L'évident et l'invisible : questions de méthodes en économie et en histoire, A. Gramain, L. Feller (éds.), Éditions de la Sorbonne, Paris, 2020, p. 37-52, Homme et société 66.

  • « Un notaire et son petit monde dans le contado florentin du XIIe siècle », dans La fabrique des sociétés médiévales méditerranéennes. Les Moyen Âges de François Menant, D. Chamboduc de Saint Pulgent, M. Dejoux (éds.), Publications de la Sorbonne, Paris, 2018, p. 269-278.

Date d'arrivée 01/09/2021
Voir Aussi

Enseignement

  • 2018    Chargé de TD (vacataire), Faibles et puissants dans le monde rural en Orient et en Occident (XIe-XIIIe siècle), TD de L2
  • 2016-2018    Professeur agrégé d'histoire, lycée Blaise Cendrars, 93270 Sevran (seconde générale, premières L et S, première STL, professeur principal en seconde de 2016 à 2018)
  • 2015-2016    A.T.E.R., Université Paris-Est Marne-la-Vallée, CM et TD de L2, La société des Carolingiens, 714-888, TD de L3, Eglise et société en Occident (XIIIe-XVe siècles).
  • 2011-1015    Doctorant contractuel puis A.T.E.R., Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, TD de L1, Orient & l'Occident au haut Moyen Âge, VIe-XIe siècle, préparation au hors-programme de l’agrégation (une année).
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