Campo delle Piane : un habitat de plein air épigravettien dans la Vallée du Gallero (Abruzzes, Italie centrale) , sous la direction de Monique Olive

Le site de Campo delle Piane (Abruzzes) est connu depuis le milieu du XXsiècle grâce aux travaux de deux archéologues préhistoriens, G. B. Leopardi et A. M. Radmilli. Longtemps considéré comme un des rares témoignages d’habitat de plein air du Paléolithique récent, de nombreuses interrogations demeuraient sur son attribution chrono-culturelle et sur son interprétation fonctionnelle. La reprise des recherches sur ce site avait pour objectif d’y répondre. La démarche suivie conjugue approches archéologique et géoarchéologique et a pour cadre une petite vallée de piémont du Massif du Gran Sasso, la vallée du Gallero. Ces nouvelles études démontrent que cette vallée a connu plusieurs occupations épigravettiennes dont il reste de nombreuses traces, en superficie et en stratigraphie. Un niveau archéologique en place a été mis au jour au sein d’une séquence sédimentaire tardiglaciaire. La surface fouillée est interprétée comme une aire d’activités liées à l’exploitation des ressources animales (chasse, boucherie, travail de la peau) faisant partie d’un habitat plus vaste. Les informations acquises sur ce niveau le situent à la fin de l’Épigravettien ancien, durant une période de léger réchauffement climatique daté autour de 18 000 cal. BP. Un autre moment d’occupation, plus tardif, est attesté dans la vallée du Gallero grâce aux données stratigraphiques et à l’étude de l’industrie lithique récoltée en surface. Ce second épisode est attribué à l’Épigravettien récent et prend place durant l’interstade Bølling-Allerød. En conclusion, l’analyse du site de Campo delle Piane remet en cause l’existence d’une culture épigravettienne locale (le « Bertonien » d’A. M. Radmilli). Elle démontre l’intérêt de cette région des Apennins pour l’étude du Tardiglaciaire continental et révèle, en outre, que des habitats épigravettiens de plein air peuvent avoir été conservés dans d’autres vallées similaires du piémont oriental du Gran Sasso.

Monique Olive appartient à l’équipe « Ethnologie préhistorique » de l’UMR « Archéologies et Sciences de l’Antiquité » (Maison Archéologie & Ethnologie, René-Ginouvès, Nanterre). Ses travaux portent sur l’habitat au Paléolithique récent.

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