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Titres à paraître prochainement

La fabrique communautaire. Les Grecs à Venise, Livourne et Marseille, v. 1770-v. 1840, par Mathieu Grenet

Avec les Juifs et les Arméniens, les Grecs constituent l’une des trois diasporas dites « classiques » de la période moderne : implantés sur l’ensemble du pourtour méditerranéen voire au-delà, ils investissent en particulier la plupart des grandes villes portuaires d’Europe méridionale, où ils s’adonnent au grand négoce et à la navigation comme au petit commerce et à l’artisanat. Comment cette présence s’organise-t-elle au quotidien ? Comment investit-elle l’espace urbain, quels sont ses modes d’inscription sociale et quelles identités (sociales, ethniques et confessionnelles) sécrète-t-elle ? Cette vaste enquête est ici envisagée dans une dimension comparatiste, à partir de trois terrains – Venise, Livourne et Marseille – à la fois distincts et étroitement connectés, au cours du demi-siècle précédant la guerre d’indépendance grecque (1821-1830) et la naissance de l’État néohellénique. À rebours des lectures traditionnellement homogénéisantes et inclusives des groupes étrangers dans la ville moderne, cet ouvrage s’attache à mettre en évidence le caractère complexe et souvent conflictuel des différentes stratégies d’affirmation et de négociation du fait communautaire grec en diaspora. Véritable laboratoire de définitions concurrentes de la « grécité », l’expérience communautaire grecque au tournant des XVIIIe et XIXe siècles constitue ainsi le creuset d’un complexe processus de formation identitaire à l’aube de l’ère des nationalismes.

- Docteur en histoire de l’Institut Universitaire Européen de Florence, Mathieu Grenet est maître de conférences en histoire moderne à l’INU Champollion d’Albi, chercheur au sein de l’UMR 5136 FRAMESPA, et membre du projet ERC « Mediterranean reconfigurations ». Il s’intéresse en particulier aux mobilités internationales, aux contacts interculturels et aux constructions identitaires à l’époque moderne

L’architecture morte ou vive : les infortunes de la coupole de Saint-Pierre de Rome au XVIIIe siècle, par Pascal Dubourg-Glatigny

Quelques mois après l’élection de Benoît XIV, les architectes de la Fabrique de Saint-Pierre de Rome engagèrent une série d’enquêtes de stabilité sur la coupole de la basilique. Elle présentait, depuis longtemps déjà, de nombreuses fissures. L’inquiétude s’étendit à la curie et, à l’automne 1742, elle était à son paroxysme. La pape commanda alors une expertise à des savants réputés mais étrangers au microcosme romain de l’architecture. Les résultats de leurs travaux, présentés lors d’un spectacle de démonstration scientifique mettant en scène la maquette de Michel Ange restaurée pour l’occasion, ne firent que déclencher une onde de protestations qui s’étendit sur plusieurs années. La querelle initiale, confinée dans les cercles du palais apostolique, se constitua rapidement en une controverse scientifiquement argumentée qui traversa avec une grande violence les catégories professionnelles et les clans intellectuels. Cependant, la richesse du dossier montre qu'il ne peut être réduit à un simple débat policé sur des questions techniques. Il fait apparaître la très grande diversité de conceptions sur l'architecture en vigueur dans la Rome du milieu du XVIIIe siècle, motivées par des positions identitaires, intellectuelles, religieuses et politiques discordantes.

- Pascal Dubourg Glatigny est chargé de recherche au CNRS (Centre Alexandre Koyré). Il travaille sur la question de l’art comme phénomène technique et de la représentation de l'espace à l’époque moderne.

Jouer pour la cité : une histoire sociale et politique des musiciens professionnels de l’Occident romain

Alexandre Vincent

Les cités romaines étaient tout sauf muettes. Chaque jour des musiciens les parcouraient lors de processions religieuses, d’appels au rassemblement, de procès, tandis que l’amphithéâtre résonnait aux sons d’instruments puissants. Sur le champ de bataille ou dans les camps militaires, il revenait à des soldats instrumentistes de transmettre les ordres et les informations. Omniprésentes, les sonorités musicales rythmaient donc le quotidien et creusaient peu à peu les sillons d’un substrat mémoriel collectif. En considérant la musique comme une pratique sociale plus qu’un art, le présent ouvrage propose de jeter un nouveau regard sur le sujet : le contenu musical importe moins que son écho sur la société. Dans quelles circonstances jouait-on de la musique et avec quels effets ? pour et par qui ? L’existence de sonorités civiques, c’est-à-dire jouées au nom de la cité, lance l’étude sur les traces des interactions entre musique et politique. L’analyse du corpus épigraphique des musiciens professionnels de l’Occident romain, rassemblé pour la première fois, éclaire ce que signifiait alors jouer pour la cité. Les modalités de ce service musical, militaire comme civil, sont traquées au croisement des sources. Elles soulignent, à travers ses effets économiques et sociaux, la mise en place, dans les premières décennies du Principat, d’un dialogue dynamique entre les autorités romaines et les artisans du son. L’ouvrage apporte ainsi finalement un nouvel élément à la compréhension du principat d’Auguste : les sons y furent aussi des armes politiques.

- Ancien membre de l’École française de Rome et docteur en histoire, Alexandre Vincent est actuellement maître de conférences en histoire romaine à l’université de Poitiers.

(Publication du Centre Jean Bérard, Naples)

Le travail des peaux et du cuir dans le monde grec antique

Benoît Dercy

L’histoire des techniques et des artisanats de la Grèce antique a laissé jusqu’ici peu de place à un matériau comme le cuir, sous prétexte du manque de sources textuelles et iconographiques ou de leur caractère trop allusif, et parce que les objets réalisés en peau, fourrure et cuir n’ont que trop rarement été retrouvés en fouille. Pourtant, la collecte des sources testimoniales (images, textes littéraires, épigraphiques, papyrologiques) – menée non sans élargir le champ de la recherche à certains auteurs latins et tardifs, comme les lexicographes – et, dans une proportion bien moindre, des données de terrain, articulée à une modélisation technique de la fabrication du matériau, permet de renouveler quelque peu l’approche et de préciser ce que furent cet artisanat et les usages des peaux et du cuir en Grèce antique, bien que la somme réunie ici suscite également un grand nombre de questions et de pistes qui restent non résolues. Notre enquête tente ainsi, avec toute la prudence et la modestie que doit garder le chercheur qui travaille sur les mondes antiques, de dresser le bilan de nos connaissances quant aux étapes de fabrication de la matière première en matériau, fabrication relevant d’un savoir spécifique mais qui devait trouver des degrés de réalisation très variables. Nous passons ensuite en revue l’utilisation des peaux, fourrures et cuir, des emplois quotidiens les plus attendus aux cas les plus particuliers. Nous envisageons enfin l’organisation des « métiers du cuir », depuis l’approvisionnement en peaux brutes jusqu’aux opérations de cordonnerie, et le jugement porté sur ces activités au ive siècle av. J.-C. à Athènes, période la mieux documentée sur la question.

- Benoit Dercy est professeur agrégé de Lettres classiques, titulaire d’une maîtrise de Lettres Classiques (sémantique et littérature grecques) et d’un Master 2 en Archéologie grecque obtenus à l’université Paris-Sorbonne (Paris IV). Il est depuis 2009 responsable de l’apothèque du site de Dréros (Crète de l’Est). Il exerce en tant que professeur dans le secondaire depuis 2001.

Pontacagnano. II.7. La necropoli del Picentino. Tombe della Prima età del Ferro dalla proprietà Colucci

Serenella De Natale

Ai giorni nostri Pontecagnano è poco più di un sobborgo industriale che con qualche fatica si affaccia sul golfo di Salerno. La vicinanza alla città ne scoraggia la crescita; il fiume Picentino, che lambiva a NW l'insediamento antico facilitando lo scambio con le boscose pendici appenniniche, si riconosce appena per la poca acqua che scorre in un vasto alveo asciutto, e scomparse sono anche le due lagune che a SW consentivano il riparo più favorevole per le navi antiche.

In questo quadro è difficile riconquistare il quadro naturale di quello che fu uno dei più grandi abitati della costa Tirrenica, nei primi secoli dell'ultimo millennio a.C.: il Picentino, in parte navigabile, collegava la costa ai villaggi indigeni situati sulle retrostanti colline, mentre un guado permetteva di risalire verso Nord, raggiungendo la pianura campana: l'approdo del Picentino trovava una utile alternativa nelle due lagune situate dietro la duna costiera, che offrivano un riparo nascosto ai pirati e alle navi che risalivano le coste della penisola venendo dall'Egeo e dal Vicino Oriente.

Per un paradosso tipico dell'archeologia protostorica la vita dell'abitato antico si conosce attraverso l'indagine dei suoi sepolcreti. Sappiamo così che le navi partite dalla Grecia, per riallacciare i rapporti con il Tirreno interrottisi con la distruzione dei palazzi micenei, trovavano a Pontecagnano uno scalo privilegiato: lo dimostrano le coppe per il vino prodotte nella lontana Eubea, che tra la fine del IX e i primi anni dell'VIII sec. i capitani delle navi offrivano, colmi di vino, ai capi della comunità locale trasmettendo loro la cerimonia del simposio. In questo modo essi si aprivano le porte verso le coste campane, e l'Etruria. Insieme ad essi veleggiavano le navi fenicie cariche di ornamenti e oggetti di lusso, graditi alle nascenti aristocrazie locali. Quale tramite migliore per l'Etruria, ricca di metalli, degli abitanti di Pontecagnano, anch'essi etruschi trapiantati a Sud tra le genti italiche della Valle del Sarno e della Penisola Sorrentina?

Lo scavo che qui si presenta, condotto da una giovane e già valente archeologa, Serenella de Natale, preziosa collaboratrice dell'Università Orientale e del Centre Jean Bérard, ha permesso di riconoscere, attraverso una tecnica raffinata e una esauriente documentazione, le tombe di quella élite di Etruschi immigrati che, come capita alle minoranze in terra straniera, erano la punta più avanzata dello sviluppo socio-culturale del basso Tirreno. La loro immagine doveva emergere viva a chi seguiva la strada antica che attraversava la necropoli, attraverso le vistose coperture delle tombe che avevano l'aspetto di piattaforme circolari di tufo grigio. L'esame degli oggetti che accompagnavano i defunti nell'estrema dimora, con l'intreccio del vasellame indigeno con le ceramiche greche e gli ornamenti orientali, restituiscono l'immagine della complessità di questo singolare sito protostorico, che fu luogo d'incontro e di stimolo tra diverse culture.

Collection du Centre Jean Bérard, 46
(Uscita a fine aprile 2016)

De Pithécusses à Pompéi. Histoires de fondations

Pier Giovanni Guzzo

Les quatre chapitres qui composent le volume correspondent aux quatre conférences présentées au Collège de France en 2014. Y sont examinées les fondations de Pithécusses et de Cumes ; de Mégara Hyblaea dans ses rapports avec les cités chalcidiennes de la Sicile orientale  ; de Sybaris dans ses relations avec les populations indigènes de l’arrière-pays. Enfin, la formation urbaine de Pompéi, fondée par les communautés italiques de la vallée du Sarno, est analysée pour comparer l’établissement des cités grecques avec l’implantation d’une ville italique. Les interprétations se fondent à la fois sur une exégèse des sources littéraires anciennes et sur l’étude du matériel archéologique pertinent, actuellement disponible. Ces sources de nature diverse sont traitées selon les méthodes propres à chaque discipline ; la bibliographie moderne est également discutée. Le livre offre ainsi une vision actualisée des sujets traités à l’usage des étudiants et constitue une base pour relancer la discussion.

Centre Jean Bérard
(Sortie prévue fin avril 2016)

Faire parler et faire taire les statues : de l’invention de l’écriture à l’usage de la poudre, sous la direction de Caroline M. D'Annoville et Yann Rivière

L’enquête a pris pour point de départ une figure familière aux habitants du quartier de la place Navone, la célèbre statue parlante de Pasquino. Dès sa découverte à la Renaissance et jusqu’à nos jours, ce marbre antique est devenu le lieu d’affichage d’épigrammes et d’autres formes d’expression écrite à l’encontre des autorités religieuses et politiques, les « pasquinades ». À partir de ce cas spécifique dont la renommée à l’époque moderne est singulière, l’enquête s’est vite élargie à l’ensemble des manifestations illicites dont les statues ont été le réceptacle depuis l’Antiquité, mais aussi plus largement aux divers signes et manifestations qui leur ont été attribuées, sans négliger le lien unissant la statue elle-même, dès sa conception ou son installation dans un lieu public, et le texte qui l’accompagne officiellement. L’image statuaire, par la vie et les paroles qu’on lui prête, devient alors le lieu d’une expression revendicative, voire d’une contestation violente. Pour en finir avec les forces qu’elle déploie ou qui s’affrontent dans la représentation elle-même, il n’y a qu’un pas à franchir, lorsque la conjoncture s’offre aux manifestations brutales : la destruction ou la mutilation de l’objet lui-même. Ainsi les mécanismes à l’œuvre pour « faire parler » une statue portent-ils toujours en eux le risque de les « faire taire » un jour. Les travaux réunis dans le présent volume – centrés sur le monde gréco-romain, ils s’ouvrent à d’autres contextes et d’autres périodes - appartiennent donc aux deux volets indissociables d’un même effort d’explicitation, depuis la naissance de l’Ecriture jusqu’à l’âge de la médiatisation planétaire.

- Agrégée d'histoire, ancienne membre de l'École française de Rome, Caroline Michel D'Annoville est professeur d'archéologie de l'Antiquité tardive et du haut Moyen Age à l'université Paris IV - Sorbonne.

- Ancien membre de l’École française de Rome, Yann Rivière est Directeur d’études à l’EHESS. Il a coordonné récemment la publication de deux ouvrages collectifs : Des réformes augustéennes, Rome, CEFR, 458, 2013 et en coll. avec C. Chillet et M.-Cl. Ferriès, Confiscations et expropriations à la fin de la République et sous l’Empire, Bordeaux, 2016. Dernier livre paru : Germanicus, prince romain, Paris, 2016.