Si vous n'arrivez pas à lire cette newsletter : Visualisez-la dans un navigateur
Ecole Française de Rome

École française de Rome | Actualités Époques moderne et contemporaine | novembre 2016

Présentation d'ouvrage | Le flambeau et les ombres. Alessandro Verri, des Lumières à la Restauration, Pierre Musitelli


18 novembre 2016,
Milan, Università degli Studi di Milano
Biblioteca del Dipartimento di Storia

Formé à Milan aux côtés de son frère Pietro et de Cesare Beccaria, Alessandro Verri achève sa vie à Rome, au lendemain de la chute de l’Empire. L’impertinent publiciste de l’« Académie des Coups de poing » a fait le deuil des Lumières comme formation de l’opinion publique et s’est rallié au conservatisme de l’aristocratie cardinalice puis aux thèses de la contre-révolution. En un siècle éclairé, qui est celui des âmes énergiques, rien ne lui paraît plus redoutable que la « philosophie aux ailes d’Icare » des Encyclopédistes. Traducteur de Shakespeare et d’Homère, tragédien éphémère et admirateur d’Alfieri, il explore les territoires nouveaux de l’esthétique romanesque, puisant dans l’Antiquité et dans sa réélaboration moderne, le néoclassicisme, les éléments d’une poétique capable de redonner ordre et harmonie à un monde troublé. Le jeune homme des Lumières est devenu l’homme des ombres et des sépulcres, le défenseur du trône et de l’autel, mais aussi le précurseur du « réveil » linguistique et littéraire au cœur du futur Risorgimento politique de la Péninsule. Cette étonnante parabole intellectuelle, qui traverse plus d’un demi-siècle d’histoire italienne, partagée entre Milan et Rome, est reconstituée à partir d’une analyse des œuvres publiées et inédites de Verri, et de sa correspondance.

Pierre Musitelli est maître de conférences en littérature italienne à l’École normale supérieure de Paris et membre de l’Institut des textes et manuscrits modernes (ITEM, CNRS/ENS).
 

 


Table ronde autour du livre de Laura Pettinaroli, La politique russe du Saint-Siège (1905-1939)

Mardi 22 Novembre, 18h30
Institut français Saint Louis, Médiathèque, Largo Toniolo, 22

 

Fabrice JESNÉ (École française de Rome) présidera la table ronde.
Mgr. Giuseppe Maria CROCE, Archives secrètes du Vatican
Philippe CHENAUX, Université pontificale du Latran
Adriano ROCCUCCI, Università Roma Tre
Laura PETTINAROLI, Institut catholique de Paris

 

Quelle fut l’attitude du Saint-Siège face à la révolution russe et à l’établissement du premier régime communiste ? Pour répondre à cette question, l’auteure aborde cette révolution dans une large séquence temporelle, ouverte par la révolution de 1905 et poursuivie jusqu’aux profondes transformations politiques, sociales et internationales des années 1930. Elle interroge autant les logiques diplomatiques qu’institutionnelles ou proprement religieuses (doctrine et pratiques). Ce livre est le fruit d’un travail approfondi, mené dans différents fonds d’archives européens et russes et en particulier dans les archives vaticanes ouvertes en 2006 (fonds Pie XI).

 

Ancienne élève de l’École normale supérieure (Lyon) et de l’École française de Rome, agrégée d’histoire, Laura Pettinaroli est maître de conférences en histoire contemporaine à l’Institut catholique de Paris et membre de l’unité de recherche « Religion, culture et société » EA 7403. Ses travaux portent sur l’histoire de la papauté, le monde russe et les relations internationales au XXe siècle. Elle a notamment dirigé et publié, auprès du même éditeur, Le gouvernement pontifical sous Pie XI : pratiques romaines et gestion de l’universel.

 

 

Le livre La politique russe du Saint-Siège (1905-1939), Rome, École française de Rome, 2015, 937 p. BEFAR N° 367 est disponible à la vente (50 €) :

 

 


Autocéphalies : l’exercice de l’indépendance dans les Églises slaves orientales (Xe-XXe siècle)

Colloque international
23-25 novembre 2016
Rome, École française de Rome

Par définition, l’Église est « une ». Sous l’apparente simplicité de la qualification se loge une souplesse remarquable de pensées et de pratiques de l’unité, qui se sont déployées au cours de l’histoire dans diverses directions. L’autocéphalie est l’une d’elles et renvoie à l’origine, dans le cadre du christianisme oriental, aux archevêques et aux métropolites élus localement sans requérir l’intervention d’une instance supérieure. Toutefois, le terme a fini par désigner les Églises qui cherchent à faire reconnaître leur indépendance institutionnelle. À côté des questions propres à la géographie ecclésiastique et à l’ecclésiologie, suscitées par la dialectique entre une légitimité fondée sur la validation extérieure et des aspirations centrifuges de la part des structures religieuses locales, l’autocéphalie renvoie également à des histoires politiques et culturelles spécifiques. Ainsi, apparue précocement avec l’archevêché chypriote, elle s’est surtout développée dans le monde slave, marqué à partir de l’époque médiévale par un fractionnement croissant des pouvoirs en place. Avec l’étude critique de ces évolutions sémantiques et pratiques, nous adopterons une démarche comparatiste pour analyser les relations entre Églises autocéphales et pouvoirs politiques dans l’Europe orientale et balkanique au cours des Xe-XXe siècles. Cette seconde session porte sur les enjeux ecclésiaux de l’autocéphalie : fonctionnement interne des Églises autocéphales, séparation d’avec le patriarcat de Constantinople, relations avec l’Église romaine et les Églises uniates.

 

Organisé par Marie-Hélène Blanchet, Frédéric Gabriel, Laurent Tatarenko. Sous l’égide de l’École française de Rome, du laboratoire Orient et Méditerranée (CNRS, Paris), de l’École normale supérieure de Lyon, du Labex Resmed (Paris), du Labex CoMod (Lyon), de l’Institut d’histoire des représentations et des idées dans les modernités (CNRS, Lyon)

 

Retrouvez le programme complet des journées ici→