Marie Bassi

bassi.marie(at)gmail.com
Membre de première année, section Époques moderne et contemporaine
Membre de la section Époques moderne et contemporaine
Docteure en science politique (CERI/Sciences Po Paris)
Domaines de recherche
  • Sociologie des migrations 
  • Action publique et transformation de l’État 
  • Politique européenne et gouvernance multi-niveaux
  • Sociologie des mobilisations et du militantisme 
  • Analyse localisée du politique
  • Société et système politique de l’Italie
Projets de recherche

Thèse de doctorat

Soutenue le 2 juillet 2015 à l’Ecole doctorale de Sciences Po Paris, Centre de recherches internationales (CERI).

« Mobilisations collectives et recomposition de l’action publique autour de l’enjeu migratoire en Sicile (1986-2012) »

Comment l’immigration est-elle devenue un enjeu politique et militant dans l’une des régions européennes les plus pauvres, qui s’est transformée progressivement en symbole de la frontière européenne ? Cette thèse analyse les formes d’engagement et d’interactions entre divers acteurs, publics et non-étatiques, investis sur la question de l’immigration en Sicile depuis le milieu des années 1980 jusqu’en 2012.

La prise en charge des étrangers repose sur des interactions originales entre une multitude d’acteurs situés à différentes échelles de gouvernement. Ce travail montre ainsi comment les reconfigurations militantes et associatives que l’enjeu migratoire a entraînées s’articulent à l’évolution des dispositifs d’action publique au sein desquels ces acteurs non-étatiques agissent. En effet, un réseau local de militants « pro-immigration » et d’associations « humanitaires » ont participé à la mise sur agenda de la question migratoire et ont souvent été à l’origine des politiques socio-sanitaires à destination des étrangers qu’ils contribuent à mettre en œuvre quotidiennement. Ces générations d’acteurs ont agi dans un contexte marqué par la recomposition de l’action publique qui repose sur la délégation, aux collectivités territoriales et aux acteurs non-étatiques, associatifs et privés, de compétences socio-sanitaires et migratoires. Cette recherche met ainsi en lumière la professionnalisation croissante du secteur associatif, l’imbrication des logiques humanitaires, contestataires et sécuritaires et questionne l'hypothèse d'une "privatisation" de l'État. Basée sur un terrain mené en Sicile entre 2010 et 2013, cette thèse mobilise des outils issus des études migratoires, de la sociologie des mobilisations et du militantisme, les recherches sur l’action publique et la sociologie du travail associatif.

 

Projet de recherche post-doctoral

« La sous-traitance de l’accueil et de l’enfermement des étrangers. Gestion de populations et reconfigurations de l’État en Italie et en France »

Ce projet s’attaque à l’étude d’un instrument majeur de la politique d’immigration et d’asile des États européens : les centres d’accueil et de rétention pour les demandeurs d’asile et les immigrés en situation irrégulière. Il pose pour hypothèse fondamentale que ces dispositifs sont des analyseurs privilégiés des recompositions de l’État, à l’articulation de dynamiques multi-scalaires de long terme (décentralisation, européanisation et privatisation) et de modes de gouvernement de l’urgence. En particulier, j’entends explorer un mécanisme central au cœur de ces recompositions : celui de la « soustraitance » du contrôle des « étrangers indésirables » : les étrangers en situation irrégulière et les demandeurs d’asile. La gestion de ces dispositifs est en effet déléguée à de multiples acteurs non-étatiques aux statuts, logiques et intérêts variables et parfois conflictuels. Elle s’inscrit aussi dans des interactions sociales, politiques et économiques, officielles et officieuses, qui travaillent les territoires locaux, souvent associés à la coordination de ces dispositifs.

En proposant une analyse localisée de ces acteurs, instruments et territoires de l’action publiques, ce projet établit une comparaison des transformations de l’État saisies par les outils de la politique migratoire entre l’Italie et la France à partir de quatre territoires clefs clés : la Sicile, Lampedusa, l’Ile-de-France et les Hauts-de-France. Il contribue ainsi à la compréhension du paradoxe de la délégation des fonctions régaliennes de l’État, grâce à une approche croisant les recherches sur l’économie politique de la migration, l’hybridation de l’action publique, les transformations du secteur associatif, ainsi que sur l’informalité et les transactions sociales.

Publications

Publication d’un ouvrage en cours 

  • La migration aux portes de l’Europe : mobilisations, action humanitaire et contrôle des étrangers en Sicile. Ouvrage issu de la thèse de doctorat, Les Presses de Sciences Po. Manuscrit attendu en décembre 2017.

Articles dans des revues à comité de lecture 

  • « Politiques de contrôle et réalités locales : le cas du centre d’accueil (pour demandeurs d’asile) de Mineo en Sicile », L’Espace Politique, 25, 2015-1
  • « The Christian Support Networks for Immigrants in Palermo », Partecipazione e Conflitto, Vol. 7, n°1, 2014, pp. 59-82.
  • Avec Shoshana Fine, « La gouvernance des flux migratoires "indésirables" », Hommes et Migrations, n°1304, 2013, pp. 77-83.

Chapitres d’ouvrages collectifs 

  • « Lampedusa : A Border Island », in Caponio (T.), Zapata (R.), Scholten (P.), (dir.), Cities of migration, Ashgate Companion/Routledge, à paraître en juin 2017.
  • « Politiques de contrôle et réalités locales dans la gestion des migrations ‘indésirables’ en Sicile », in Schmoll (C.), Thiollet (H.), Wihtol de Wenden (C.) (dir.), Migrations en Méditerranée, CNRS Éditions, 2015 pp. 157-166.
  • Avec Christophe Bertossi, « Les enfants d’immigrés au pays de leurs parents : entre imaginaire transnational et double absence », in Mohsen-Finan (K.) (dir.), Le Maghreb dans les relations internationales, IFRI, 2011, pp. 165-185.

 

Articles de diffusion

  • Avec Paola Proietti, “Lampedusa, tra logistica, spazio e relazioni”, Melting Pot Europa, 17/06/2016.  
  • « La prise en charge des immigrés aux frontières européennes : le ‘tri’ et ‘l’encampement’ », Presse Nouvelle magazine, juin 2016, No 337, p 9. 
  • « Les acteurs non-étatiques face à l’immigration en Sicile et à Lampedusa, À la croisée de l’humanitaire, du contestataire et de l’expertise », Après-demain n°39, 2016, pp. 3638.
  • « Les immigrés veulent-ils tous s’installer en Europe ? », in Thiollet H. (dir.), Migrants, Migrations. 50 questions pour vous faire votre opinion, Armand Colin, 2016, pp. 33-35.
Date d'arrivée 01/09/2017
Voir Aussi

Principales activités d’enseignement

  • Septembre 2015 – Aout 2017 : Attachée temporaire d’enseignement et de recherche (ATER) à l’Université Paris 3 La Sorbonne-Nouvelle. Science politique
  • 2013 – 2016 : Vacataire à l’Institut d’études politiques de Paris. « Governing Migration in Europe ». 

Insertion dans les réseaux de recherche nationaux et internationaux

  • 2016/2017 : Membre du programme ANR « Babels » (Border Analisis and Borders Ethnographies in Liminal Situations) « La ville comme frontière. Ce que les villes font aux migrants ». Coordonné par Michel Agier (EHESS).
  • 2017/2018 : Membre du programme MARE “Migration, Asylum and Refugees in the Euro-Mediterranean Region” dans le cadre de l’appel à projet H2020 « The European Union and the global challenge of migration ». Coordonné par Sylvie Mazzella (CNRS-LAME).
  • Mai 2016 : Membre du programme « Lampedusa : fédérer l’espace, connecter les échelles, activer les ressources ». Organisé à Lampedusa par le Cycle d’urbanisme de l’École urbaine de Sciences Po. Coordonné par Marco Cremaschi (Sciences Po Paris)

 

 

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