Les Correspondances et la formalisation du langage diplomatique dans l’Italie médiévale


Axe 4. Le laboratoire politique et social italien

Responsables : Paolo Cammarosano (Centro Europeo di Ricerche Medievali », Université de Trieste) ; Stéphane Gioanni (EFR)

L’objectif est désormais de proposer une approche interdisciplinaire et systématique des épîtres produites dans les chancelleries italiennes en envisageant le Moyen Âge sur la longue durée, des chancelleries romano-barbares aux derniers siècles du Moyen Âge. Cet élargissement dans le temps impliquera quelques approches comparatives car il est évident qu’on ne peut pas se borner à l’Italie quand on étudie les premiers siècles du Moyen Âge. Deux axes de recherche seront privilégiés :

- L’épistolographie de l’Antiquité tardive au Moyen Âge : évolutions d’un « genre » insaisissable

L’abondance de la production épistolaire dans l’Italie médiévale nous conduira à nous interroger, dans un premier temps, sur le vocabulaire de l’épistolographie diplomatique (Epistulae, letterae, sermones, colloquia, munera, apices...) qui couvre un champ immense et qui désigne des textes de natures et de formes très différentes (lettre d’art, épître réelle, actes, décrétales... ; prose, vers ou prosimètre…). L’analyse du vocabulaire mettra en évidence le rôle de chacun des acteurs de cette « conversation entre absents » (l’auteur, le copiste, le(s) destinataire(s) et surtout le porteur qui délivrait un message oral explicitant le contenu de l’épître). L’Antiquité tardive a été marquée par une profusion des échanges épistolaires de la part d’auteurs profanes et chrétiens qui cultivaient les pratiques culturelles et administratives de l’Empire, tout en faisant évoluer les styles épistolaires et en constituant de nouveaux modèles pour le Moyen Âge. L’étude des différentes traditions épistolaires nous permettra d’évaluer l’influence de ces modèles anciens sur la formalisation des théories médiévales de l’épître. Nous porterons une attention particulière à l’évolution du code épistolaire, aux lieux de production, aux procédés d’enregistrement et aux outils utilisés par les dictatores médiévaux (traités d’ars dictandi, recueils d’exemples et « collections » épistolaires constituées et diffusées en Italie).

- La médiation épistolaire et la pensée politico-juridique en Italie : Loin de se réduire à une approche purement théorique de la lettre, nous pourrons nous interroger sur les usages et la valeur historiques des échanges épistolaires qui outrepassent les frontières politiques et chronologiques, et qui nous plongent au cœur des stratégies politiques, sociales et culturelles de l’espace italien du VIe au XVe siècle. Notre réflexion se concentrera sur les fonctions de la communication épistolaire qui véhicule des savoirs nouveaux, qui formalise l’exercice du pouvoir et qui rapproche tout autant qu’elle exclut. Cette approche nécessairement interdisciplinaire mettra en évidence les liens étroits entre la pensée politico-juridique et les productions diplomatiques des notarii italiens dans la lignée des recherches récentes sur la formation de la rhétorique politique au Moyen Âge et les origines de la pensée humaniste. Elle supposera d’abord une attention particulière aux procédés d’écriture et à la culture rhétorique des chancelleries italiennes, comme en témoignent les techniques d’apparat, de codage, de métaphore et de polysémie qui jouent un rôle majeur dans la standardisation, l’emphase et la modélisation du langage diplomatique. L’analyse du contexte politique et social permettra enfin d’étudier les personnes, les milieux et les institutions qui ont favorisé l’invention, la circulation, la réception et la conservation des correspondances. Nous nous attarderons notamment sur l’évolution de la charge de dictator et sur l’émergence de la figure du chancelier. Les exemples abordés donneront la mesure de la richesse et la diversité de la production épistolaire dans l’espace italien qui connaît aussi de profondes évolutions littéraires au cours du Moyen Âge. Nous pourrons alors évaluer l’influence des productions italiennes sur le système de communication épistolaire en Europe et sur la genèse d’un langage diplomatique commun. Cette approche nécessairement interdisciplinaire mettra en évidence les liens étroits entre la pensée politico-juridique et les productions diplomatiques des notaires italiens dans la lignée des recherches récentes sur la formation de la rhétorique politique au Moyen Âge et les origines de la pensée humaniste. Ce programme sur les correspondances en Italie pourrait déboucher sur une collaboration avec l’ANR « epistula » dirigée par la Casa de Velazquez qui porte sur « la production épistolaire dans l’espace ibérique » et avec le projet de l’IFAO sur « les échanges diplomatiques en Méditerranée (2012-2016) ».

Partenaires

Le « Centro Europeo di Ricerche Medievali » de l’Université de Trieste ; Casa de Velazquez (porteur principal de l’ANR “Epistula”) ; Institut Français d’Archéologie Orientale.

Opérations prévues


Résultats attendus

  • Publication des actes de colloques dans la collection du Centro Europeo di Ricerche Medievali de l’Université de Trieste.

 

Participation EFRContribution financière à l’organisation des journées d’étude et support logistique

Rencontres scientifiques de l'EFR

Le détail des rencontres est mis en ligne sur le site quinze jours avant (rubrique Événements).

Contacts :

Section Antiquité : Giulia Cirenei secrant(at)efrome.it

Section Moyen Âge : Grazia Perrino secrma(at)efrome.it

Section Époques moderne et contemporaine : Claire Challéat secrmod(at)efrome.it

 

 

Prochaines manifestations

 

Presentazione di libro

 

 

 

Seminario Italia contemporanea ottobre-dicembre 2017 / Modern Italy Seminar october-december 2017

 

 

 

 

 

Journées d’étude, Musée du Louvre-Lens, 14 et 15 décembre 2017

 

 

 

Seminario Internazionale di Studi - Salerno

 

 

Circolo Medievistico Romano, 12 dicembre 2017

Le 12/12/2017 à École française de Rome (Piazza Navona 62), salle de séminaire

 

San Marco, Venezia, Reichenau: passaggi di persone, culti e reliquie tra i due lati delle Alpi nel X secolo

 

 

p
a
r
t
a
g
e
r