« Italia picta ». Territoires italiens et pratiques romaines (Ve-IIIe s. av. n.è.)

Calendrier : De 2012 à 2016
Coordination : Audrey Bertrand (Université de Paris-Est Marne-la-Vallée), Thibaud Lanfranchi (Université de Toulouse 2-Le Mirail), Ghislaine Stouder (Université de Poitiers)
Axe 4. Le laboratoire politique et social italien

Présentation

Le programme a pour objet d’étude l’Italie, du Ve s. au IIIe s. av. n.è. Cette période, caractérisée par la domination progressive de Rome sur les différents territoires de la péninsule, a produit une riche littérature scientifique, couvrant les aspects militaires, politiques, administratifs et culturels de ce processus. Fort de ces travaux, l’angle d’approche que nous adoptons propose un double décentrement : de la conquête aux temps qui la précèdent, de Rome aux Italiens. Que peut-on savoir de la diversité des territoires italiens en amont de leur soumission ? Les sources permettent-elles de rendre compte de l’hétérogénéité des organisations politiques et territoriales à laquelle Rome s’est confrontée ?
Le programme de recherche s’oriente selon deux axes : les savoirs des Romains sur les Italiens et le réinvestissement de ces savoirs au moment de la conquête, aussi bien la manière dont les Romains ont utilisé les connaissances des Italiens pour adapter les modalités pratiques et juridiques de la conquête aux divers territoires, que la manière dont ces savoirs ont eu une influence sur le développement des institutions romaines.
Avant d’interroger les savoirs que possédaient les Romains sur les Italiens, on reviendra sur les savoirs à disposition du chercheur moderne sur l’Italie pré-romaine, en faisant dialoguer les spécialistes de divers territoires afin d’analyser les résultats auxquels ils sont parvenus, leurs similitudes et leurs différences, en fonction de l’histoire de ces territoires, des types des sources à disposition, des modes culturels adoptés par chacun. L’organisation d’un atelier doctoral constituera ainsi le cadre idoine pour faire discuter spécialistes et jeunes chercheurs des difficultés qu’ils rencontrent et des enjeux des sources qu’ils utilisent de manière privilégiée.
Un premier axe s’attachera aux savoirs romains de l’Italie. Que savaient les Romains de l’Italie sous la République et comment se la représentaient-ils ? Cette thématique intègre une dimension réflexive consacrée aux rapports des Romains et des Italiens, par le biais de liens de parenté ou d’alliance, mais aussi par le biais d’échanges culturels et commerciaux entendus au sens large. Cela concerne bien sûr les brassages de populations (bien étudiés) mais, plus largement, celui des techniques, des aspects culturels (architecture, art, etc.) et des aspects religieux. L’appropriation mentale de l’Italie au travers de tous ces aspects, ainsi que les contacts qui en résultèrent pourraient être source d’enseignements neufs. Dans ce cadre, la réalisation d’une prosopographie des Italiques apporterait sans doute des éléments originaux.
L’enquête sur les savoirs de Rome ouvre un second axe de recherche, centré sur les pratiques politiques et administratives de l’État romain au contact des populations de l’Italie. Un premier aspect concerne la mise en oeuvre des savoirs romains de l’Italie lors de la conquête progressive de la péninsule. L’objectif de ce programme vise à faire apparaître comment les savoirs antérieurs à la conquête, mais également l’expérience de terrain et le contact avec les différentes cultures des territoires de la péninsule, ont trouvé une traduction concrète dans les solutions politiques et administratives mises en oeuvre par Rome pour gérer les territoires conquis. Le second aspect envisage les modalités d’évolution de la société politique romaine et du droit public au contact des Italiens. La construction de l’État romain ne peut être envisagée uniquement dans les limites de l’Vrbs et des jeux de force politique qui l’habitent. Ce champ de recherche concerne d’une part les dettes contractées par les institutions de Rome auprès des institutions et des cultures des peuples d’Italie. L’ambition de notre programme est d’autre part d’examiner comment la nécessité d’établir des rapports de nature politique et administrative avec des sociétés dont l’organisation différait par de nombreux aspects de Rome et entre elles, a influé sur des institutions romaines en pleine évolution. Autrement dit, de lier de manière plus étroite l’expérience de
terrain des Romains en Italie à la fabrication de l’arsenal juridique, administratif et politique pensé pour gérer la diversité des entités ethniques appelées à entrer sous la domination d’une cité-État. À terme, cette réflexion devrait permettre de revenir sur la formation progressive des normes juridiques romaines au contact des peuples de la péninsule, et sur la façon dont, en retour, elles furent imposées à l’Italie.
En lien avec ces axes problématiques, deux ouvrages scientifiques devront concrétiser les recherches menées par les participants au programme. Il s’agira en premier lieu d’une Prosopographie des Italiques. Cet ouvrage entreprendra de recenser tous les Italiques connus à cette époque, à l’exception des Étrusques pour lesquels une entreprise similaire est déjà engagée. La zone géographique se concentrerait sur l’Italie centrale en incluant l’Ombrie et le Picénum mais en excluant les îles et le monde étrusque. Fondée sur une approche gentilice, cette prosopographie voudrait ainsi rassembler une documentation éparse et compléter des recherches qui privilégient souvent les mondes grecs et étrusques. Une telle démarche, fondée sur les sources tant littéraires qu’épigraphiques, permettra de réinterroger à la lumière de cas individuels les questions de statuts et de romanité à grande échelle et débouchera sur une publication accompagnée d’une base de données électronique. Elle offrira en outre un point d’appui important au programme tout en comblant un vide de la bibliographie. Par ailleurs, un volume collectif d’environ 300 pages réunira, en fin de programme les communications les plus pertinentes qui auront été présentées lors des différentes journées d’étude et lors du colloque. Ce volume sera éventuellement accompagné de cartes issues des séances de travail consacrées aux problèmes posés par la cartographie de l’Italie à cette époque.

Partenaires

  • Université Paris X-Nanterre
  • Université Paris I Panthéon-Sorbonne
  • Université Marc-Bloch
  • CNRS-Centre Jean Bérard
  • Università Roma Tre
  • American Academy in Rome
  • British School at Rome
  • Università degli Studi del Salento
  • Université Lumière-Lyon II

Calendrier des opérations

  • Séminaire préparatoire de travail (13 juin 2012)
  • Atelier doctoral « L’Italie “à parts égales”. Comment faire l’histoire de l’Italie avant la conquête romaine ? » (1er-5 juillet 2013).
  • Journée de travail prosopographie à Paris (automne 2013, qui n'a pas nécessité de financement car elle été placée à un moment où nous étions à Paris pour d'autres motifs).
  • Journée d’étude « Autour de la notion de sacer » (4 avril 2014).
  • Présentation des premiers résultats de la prosopographie (juin 2015)
  • Colloque automne 2015

Résultats attendus

  • Publication du catalogue prosopographique
  • Publication en un volume des communications des journées d'étude et du colloque.

Participation EFR

  •  Organisation des séminaires et ateliers

Rencontres scientifiques de l'EFR

Le détail des rencontres est mis en ligne sur le site quinze jours avant (rubrique Événements).

Contacts :

Section Antiquité : Giulia Cirenei secrant(at)efrome.it

Section Moyen Âge : Grazia Perrino secrma(at)efrome.it

Section Époques moderne et contemporaine : Claire Challéat secrmod(at)efrome.it

 

 

Prochaines manifestations

 

Presentazione di libro

 

 

 

Seminario Italia contemporanea ottobre-dicembre 2017 / Modern Italy Seminar october-december 2017

 

 

 

 

 

Journées d’étude, Musée du Louvre-Lens, 14 et 15 décembre 2017

 

 

 

Seminario Internazionale di Studi - Salerno

 

 

Circolo Medievistico Romano, 12 dicembre 2017

Le 12/12/2017 à École française de Rome (Piazza Navona 62), salle de séminaire

 

San Marco, Venezia, Reichenau: passaggi di persone, culti e reliquie tra i due lati delle Alpi nel X secolo

 

 

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