Relectures postcoloniales des échanges artistiques et culturels entre Europe et Maghreb (Algérie, France, Italie, Maroc et Tunisie) XVIII-XXI siècles

Catégorie : La recherche
Lieu et date :

Paris, École du Louvre

Du 12/12/2014 au 13/12/2014

Première session : L’Héritage colonial des musées

Ce colloque souhaite, en réunissant des spécialistes des deux rives de la méditerranée et d’ailleurs, envisager comment se sont construites les relations culturelles et artistiques entre France, Italie et Maghreb dans des moments cruciaux de leur histoire, avant la colonisation, en situation coloniale et après les indépendances, mais en se situant aujourd’hui, dans l’héritage des regards, des échanges et des représentations.

Ces relations se sont certes inscrites dans l’art, l’architecture, l’archéologie et les institutions culturelles comme les musées, elles ne relèvent cependant pas de la seule histoire de l’art ou archéologie, mais
d’une contribution des sciences sociales les plus larges. elles peuvent être revisitées à la lumière de la réflexion postcoloniale et d’une déconstruction systématique des regards et des savoirs, aujourd’hui bien engagée.

L’objectif premier se situe donc dans la prise en considération des relations présentes et de la gestion d’un héritage commun. souvent envisagés comme une relation à sens unique, en termes de domination
ou de transferts de modèles d’une métropole vers des périphéries, ces échanges ont été bien plus  riches et complexes. il ne s’agit pas d’édulcorer la relation coloniale, mais de la replacer dans le temps long et de montrer comment la culture européenne s’est elle-même transformée à ces contacts étroits et comment l’apport du « terrain » nordafricain a pu contribuer à l’évolution des sciences humaines et sociales.

De même, il convient d’analyser comment la culture des pays du Maghreb s’est trouvée modelée par les occupations française et italienne, par les déplacements de population, par l’imbrication et l’évolution de communautés aux identités plurielles et aux histoires néanmoins communes. cette région du monde, de part et d’autre de la méditerranée, offre donc aujourd’hui une histoire partagée à réécrire.

La spécificité des différents partenaires et des lieux de rencontres, paris, rome et tunis, garantit la pluralité des approches. L’utilisation du terme « postcolonial » dans le titre de ce colloque traduit une volonté de confronter aussi ces sujets aux hypothèses proposées par ce domaine de réflexion qui fournit des principes critiques fructueux : une nécessaire contextualisation de toute réflexion dans les débats actuels, le dépassement des entraves de l’ethnocentrisme et de l’orientalisme, l’instauration d’un véritable dialogue entre ces cultures marquées dans un sens ou un autre par l’expérience coloniale. né du refus de l’essentialisme inscrit dans la relation coloniale et conjugué avec la nécessité de repenser les récits linéaires de la modernisation des « autres », le projet ne tient donc pas tant à une accumulation de nouvelles connaissances qu’au décentrement de nos savoirs.

La vitalité politique et esthétique de ces régions, comme la modification des équilibres géopolitiques, suggèrent de nouvelles dynamiques de recherches.


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