Le monde de Giovanni Botero : décrire, découper, organiser

Catégorie : La recherche
Lieu et date :

l'ENS de Lyon

Du 13/06/2018 au 14/06/2018

Journées d'études internationales

Les journées d’études Le monde de Giovanni Botero : décrire, découper, organiser. Une lecture collective des Relazioni universali constituent la troisième rencontre du programme de recherche international Babel Rome. La nature du monde et ses langues dans la Rome du XVIe siècle (EFR, CAK, LARHRA). Ce programme qui réunit des chercheurs issus de différents horizons disciplinaires s’inscrit dans une perspective d’histoire globale des savoirs. Il prend la Rome du XVIe siècle comme épicentre. Il porte sur l’analyse des gestes savants et ordinaires qui ont accompagné la transformation de l’Urbs en ville-monde. Il part de l’hypothèse selon laquelle, au XVIe siècle, l’élargissement du monde à ses quatre parties impose à la papauté de déployer un nouveau programme de connaissance du globe en mesure de lui assurer les moyens de perpétrer son magistère universel. Il vise à aborder ce programme d’un point de vue original : les articulations des savoirs sur la nature et des savoirs sur les langues qui, dans la Rome du XVIe siècle, partagent souvent les mêmes lieux d’élaboration, les mêmes acteurs, les mêmes outils intellectuels.
Après une première rencontre qui a permis de discuter des cadres théoriques et intellectuels du projet et de les mettre à l’épreuve à travers l’examen de différentes études de cas (École française de Rome, 27-28 juin 2017), après un colloque qui a porté plus spécifiquement sur les lieux de l’étude des langues dans la Rome du XVIe siècle (Sapienza-Università di Roma - EFR, 5-6 février 2018), cette troisième rencontre implique un déplacement méthodologique important : le passage de l’étude du contexte romain et de la cartographie de ces lieux de savoir à l’analyse collective d’un seul ouvrage indissociable de la Rome de la fin du XVIe siècle, de son tissu urbain polycentrique et cosmopolite, ainsi que des projets politiques, religieux et culturels de ses pouvoirs. Il s’agit des Relazioni universali de Giovanni Botero (1544-1617), un ouvrage en quatre parties parues à Rome de 1591 à 1596, conçu comme un « état du Monde » tel qu’il était connu à la fin du XVIe siècle (Descendre 2009), envisagé selon des points de vue croisant une grande diversité de savoirs : géographie physique et histoire naturelle, politique et géostratégie, savoir anthropologique et géographie religieuse.
La première session de travail, « Situer les Relazioni universali », visera à interroger la genèse intellectuelle et matérielle de ce projet complexe, à le mettre en relation étroite avec son contexte de production et avec d’autres opérations comparables d’appropriation intellectuelle et de conquête spirituelle du monde qui, au même moment, se déploient depuis Rome. Dans la deuxième session, « Espace et écriture », il s’agira de mesurer les choix opérés par Botero dans la description, le découpage, la structuration de l'oekoumène à partir d’une réflexion portant à la fois sur les modes d’écritures utilisées et sur les objets qui sont au coeur de sa réflexion (des espaces géographiques, des populations, des environnements spécifiques…).
De tels angles d’analyse ont pour but de faire de ces journées un lieu où il s’agira moins de considérer les Relazioni universali dans leur singularité et dans ce qu’elles ont d’exceptionnel, que comme le produit emblématique d’un plus large programme religieux et politique de réorganisation des connaissances visant à réaffirmer le rôle de l’Urbs dans un monde qui « s’élargit devant ceux qui pensent le circonscrire et s’approfondit toujours plus devant ceux qui croient en avoir trouvé le centre » (G. Botero, Relatione universale dell’isole, Rome 1595, [2 v°]).

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