Conflits armés et dynamiques socio-économiques dans l'Italie du haut Moyen Âge (VIe-IXe siècle)

Catégorie : L'EFR La recherche
Lieu et date :

l'École française de Rome

Du 15/12/2015 au 16/12/2015

Colloque international

Économie et société en Italie de l'invasion lombarde aux assauts musulmans (2)

Conflits armés et dynamiques socio-économiques dans l'Italie du haut Moyen Âge (fin VIe - début IXe s.)

15-16 décembre 2015
École française de Rome


Le caractère endémique des conflits armés marque la période qui s’ouvre, vers le milieu du VIe siècle, par deux épisodes belliqueux majeurs, la guerre gréco-gothique et “l’invasion lombarde”. Le phénomène doit être envisagé dans ses rapports avec les dynamiques socio-économiques de l’Italie du haut Moyen Âge, en croisant les données écrites, archéologiques et numismatiques. On tentera une typologie de ses manifestations, de l’invasion éclair à la guerre d’usure : la conquête, qui épargne le territoire mais élimine les propriétaires fonciers, la guerre économique pour le contrôle des ressources naturelles, et d’abord des mines, la guerre de frontière qui ne vise qu’à s’approprier les richesses du pays en le rançonnant. La disparition du concept de frontière linéaire disparaît avec le fractionnement des dominations politiques s’accompagne d’une réduction à l’échelle régionale de luttes qui usent les forces des protagonistes.
L’impact des guerres semble avoir varié au fil du temps dans les diverses provinces en fonction de leur importance stratégique notamment, mais le rôle des destructions dans la crise du VIIe siècle ne doit pas être sous-évalué, en particulier sur l’abandon des sites d’habitat. Dans le domaine économique, la belligérance signifie redistribution des richesses accumulées par les élites laïques et ecclésiastiques donc modification des hiérarchies sociales; l’existence d’antagonismes violents ne signifie cependant pas régression mais fluidité des équilibres socio-économiques, transformations qualitatives et non quantitatives; des trésors sont enfouis, mais la fiscalité impériale remet l’or des églises en circulation.
La société se militarise sous l’effet des systèmes de recrutement et de financement des armées tandis qu’une aristocratie guerrière investit les territoires lombards; des dynasties, comtales ou autres, se forment, par le biais de l’hérédité des fonctions. Les privilèges juridiques et fiscaux enracinent localement des unités militaires en voie de régionalisation, et la comparaison avec le système carolingien peut éclairer cette évolution des rapports entre service et propriété foncière. L’investissement public pour le contrôle du territoire s’adapte à l’importance croissante de la guerre de sièges de villes dans la stratégie et à la renaissance du village, liée à celle de la petite propriété; on étudiera la morphologie de ces nouvelles fortifications, qui transforment le paysage, leur organisation et les modalités défensives.


Durée des communications : 25 minutes

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