Acculturations et transferts culturels dans les Balkans occidentaux

Catégorie : L'EFR La recherche
Lieu et date :

Shkodra (Albanie)

Du 08/04/2016 à 19h00 au 09/04/2016 à 19h00

Exposition et colloque

Journée d'étude organisée par l’École française de Rome, le Labex Resmed, l'Institut archéologique de Tirana et l'Ambassade de France en Albanie

 

Shkodra (Albanie), samedi 9 avril 2016

 

À l’occasion de la présentation des recherches archéologiques de cinq missions européennes travaillant en collaboration avec l’Institut archéologique de Tirana , une journée d’étude sera consacrée le samedi 9 avril 2016 à Shkodra (Albanie) aux processus d’acculturation dans les Balkans occidentaux de l’Antiquité au Moyen Âge.
Les deux manifestations scientifiques (présentation le 8 avril + journée d’étude le 9 avril) auront lieu à Shkodra, « chef-lieu » d’une région marquée, depuis l’Antiquité, par de nombreux transferts culturels et contacts de populations différentes. Occupée dans l’Antiquité par les Illyriens aux marges du monde hellénique, la région a connu, à partir de la fin du VIIe siècle av. J.-C, des échanges fréquents avec le monde grec, grâce notamment aux implantations coloniales corcyro-corinthiennes. À l’époque hellénistique, au cours des IIIe-IIe siècles av. J.-C., la région constitua le cœur du royaume illyrien, dont Shkodra et Risan devinrent les chefs-lieux. Cette période est bien documentée par les auteurs antiques qui décrivent l’intense activité des cités de la région, notamment leurs relations politiques, économiques et culturelles avec le monde grec, le royaume macédonien et Rome qui imposa peu à peu son autorité sur l’Adriatique. Les Balkans occidentaux devinrent alors la tête de pont de la future expansion romaine vers le nord danubien et l’est méditerranéen, tandis que les cités côtières devinrent des colonies ou des municipium : leurs populations reflètent des processus d’acculturation dont témoignent, entre autres, les nombreuses inscriptions bilingues latines et grecques. L’histoire de ces contrées à la fin de l’époque romaine montre que l’Illyricum occidental continua à jouer un rôle de carrefour, de communications et d’échanges entre les influences occidentales et orientales, y compris après 437 et son rattachement à l’Empire d’Orient. La société « illyrienne » connut ensuite d’importants bouleversements au Ve siècle avec l’arrivée des Goths et, au VIIe siècle, de populations slaves qui transformèrent la démographie de la région.Toujours dans la périphérie byzantine, les sociétés locales furent très influencées par les modèles byzantins, tout en continuant à entretenir des contacts économiques et culturels réguliers avec, d’un côté, le monde latin et, de l’autre, les Balkans orientaux. Au cours des Xe-XIe siècles, Shkodra devint alors le centre politique du royaume de Dioclée (Doclea) sous la dépendance de l’Eglise d’occident et, plus précisément, de l’archevêché d’Antivari. Le sud resta, en revanche, sous l’influence byzantine qui culmina avec la constitution du Despotat d’Epire au XIIIe siècle.
Divers éléments de ces évolutions multiples et parfois contradictoires seront mis en évidence au cours de la présentation des résultats de l’étude archéologique des cinq sites dans le cadre de l’exposition inaugurée le 8 avril 2016. Dans le prolongement de ces recherches archéologiques, la journée d’étude aura donc pour objectif de faire le point sur les principales causes et les formes de ces processus culturels, politiques et sociaux sur le temps long. Elle sera aussi l’occasion de rediscuter, à la lumière des recherches historiques et archéologiques récentes, de l’intérêt et des limites de la notion d’« acculturation » pour l’histoire des sociétés antiques et médiévales de l’espace balkanique occidental et de l’Europe centro-orientale.


Comité scientifique : Etleva Nallbani (CNRS), Saimir Shpuza (Institut archéologique de Tirana), Stéphane Gioanni (EFR)

Le programme peut être téléchargé ici

 

 

 

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