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Prossime uscite

La mémoire des saints originels entre XVIe et XVIIIe siècle

sous la direction de Bernard Dompnier et Stefania Nanni

Alors que les travaux sur le culte des saints à l’époque moderne ont largement privilégié ces dernières décennies l’étude de la construction des réputations de sainteté et celle des procédures de canonisation, et donc surtout les figures les plus récentes, ce livre propose de s’attacher à la place que tiennent les saints les plus anciens dans la piété et dans la culture des XVIe-XVIIIe siècles. Quelles que soient les sources examinées, il apparaît en effet que la mémoire du catholicisme moderne est largement organisée autour de personnages portés sur les autels depuis de nombreux siècles. Bien plus, on assiste à la même époque à un regain de ferveur pour les saints des origines, qu’illustrent aussi bien la diffusion des reliques des catacombes romaines dans toute la catholicité que l’intérêt renouvelé pour de « vieux » saints locaux, plus ou moins oubliés avec le temps. Le catholicisme tridentin, notamment en réponse aux attaques protestantes, s’édifie donc en donnant une nouvelle actualité à l’ancien sanctoral, non sans opérer évidemment une nouvelle lecture des figures qui le composent, mises en conformité avec les nouveaux idéaux confessionnels.
Mais les enjeux liés à la sainteté originelle dépassent le seul domaine du culte. La réactivation de la mémoire des vieux saints ne saurait ainsi être séparée de stratégies des pouvoirs politiques – des États ou des villes – en quête de renforcement de leurs assises. Plus largement, le corpus de ces figures de sainteté constitue un bien commun, au-delà de la seule institution ecclésiale. La familiarité avec elles est suffisante pour que les diverses formes de productions culturelles (théâtre, littérature, peinture, musique) s’en emparent comme d’un répertoire librement disponible. Le projet qui porte ce livre, fondé sur le croisement d’interrogations conduites sur des documents de divers types, l’inscrit dans le courant actuel d’histoire de la mémoire, c’est-à-dire qu’il accorde une attention particulière, à travers la pluralité des représentations, aux relectures, (ré)appropriations et reconstructions tant des figures singulières que de la cohorte à laquelle ils appartiennent, patrimoine symbolique pour les sociétés des XVIIe et XVIIIe siècles.

Bernard Dompnier, professeur émérite d’histoire à l’Université Clermont Auvergne, spécialiste du catholicisme des XVIIe et XVIIIe siècles, travaille principalement sur l’histoire du culte et des dévotions.
Stefania Nanni, professeur d’histoire moderne à l’Université Sapienza de Rome, travaille sur les sentiments religieux et la sacralisation des espaces dans l’Europe moderne.

Collection de l'École française de Rome 545

Le bureau des âmes. Écritures et pratiques administratives de la Pénitencerie apostolique (XIIIe-XIVe siècle)

Arnaud Fossier

Ce livre est le résultat d’une enquête menée sur les archives les plus anciennes d’une institution originale et mal connue : la Pénitencerie apostolique. Né au tout début du XIIIe siècle dans le giron d’une papauté exerçant son pouvoir sur tout l’Occident latin, ce nouvel office fut d’abord voué à entendre en confession les pèlerins qui se rendaient à Rome pour demander l’absolution de leurs péchés. Il s’est ensuite très vite vu mandaté pour répondre aux suppliques qui, chaque jour, étaient adressées au souverain pontife. L’enquête s’appuie donc sur les « formulaires » voués à recueillir, réordonner et abréger les milliers de lettres que la Pénitencerie expédiait en réponse aux suppliants. Véritables répertoires d’exemples, dans lesquels la « forme » et la « norme » sont indissociables, ces manuels reflètent tous les cas de figure auxquels pouvait être confrontée la Pénitencerie : homicides, naissances illégitimes, mariages incestueux, faux et usage de faux, moines ayant fui leurs couvents, etc. À tous ces suppliants, le tribunal du pape avait la charge d’octroyer des dispenses, des licences ou des absolutions, parfois dans le secret du « for de la confession ». Situé au croisement d’une histoire des pratiques de l’écrit et de l’avènement des bureaucraties, du gouvernement pastoral et de la souveraineté pontificale, de la confession auriculaire et de l’espace public, ce livre entend dépasser le cadre classique de la monographie institutionnelle.
 
Ancien élève de l’École normale supérieure de Lyon et ancien membre de l’École française de Rome, Arnaud Fossier est actuellement Maître de conférences à l’Université de Bourgogne. Ses recherches portent désormais sur l’institution du sujet en Occident.

Bibliothèque des Écoles françaises d'Athènes et de Rome 378
648 p.
Parution 1er trimestre 2018

La citoyenneté dégradée. Une histoire de l’infamie à Rome (312 av. J.-C. – 96 apr. J.-C.)

Clément Bur

Ce travail propose une approche globale et diachronique de l’infamie, de 312 av. J.-C. à 96 apr. J. C., afin de décloisonner son étude et de la replacer dans son contexte socioculturel. L’infamie désigne la dégradation qui résulte de l’officialisation par un représentant de la cité d’un mépris jusqu’alors latent. Pour comprendre les fonctions et les modalités de cette formalisation, nous sommes partis d’un catalogue prosopographique, disponible en ligne. Lors de cérémonies de dégradation, l’infamie était actualisée au cas par cas, par une instance civique qui appréciait la dignité du citoyen. Ces spectacles du déshonneur favorisaient la diffusion des valeurs de l’aristocratie et la légitimaient en rappelant son excellence. À partir du IIe siècle av. J. C., l’infamie connut un phénomène de juridicisation : elle découlait désormais de l’application d’une règle juridique écrite sanctionnant certaines catégories de citoyens. Enfin, l’infamie concernait tous les citoyens, n’était pas contagieuse, et plaçait dans une situation de paria. Il était rare d’en sortir. La stigmatisation renforçait la cohésion du reste du groupe et participait à la redéfinition de son système normatif. Sans être un concept juridique unifié, l’infamie avait une unité conceptuelle. Elle affectait le citoyen qui ne se conformait pas au fonctionnement de la société et qui suscitait la défiance parce qu’il avait brisé l’intégrité de sa personne. Elle lui redonnait une place dans la hiérarchie civique en institutionnalisant une sorte d’anti-auctoritas. L’infamie s’inscrivait toujours dans une perspective de classement des citoyens afin d’organiser leurs rapports entre eux et avec l’État. En définitive, analyser les formes d’infamie révèle en négatif la définition du bonus ciuis et les attentes des Romains envers leurs dirigeants. En posant la question des conséquences de l’évaluation morale du citoyen dans la société d’ordres qu’était Rome, c’est donc une histoire de la citoyenneté romaine sur la longue durée que propose ce travail ainsi qu’une réflexion sur le caractère méritocratique de la hiérarchie civique.

Agrégé d’histoire et diplômé de Sciences Po Paris, Clément Bur est aujourd’hui Maître de Conférences en histoire ancienne à l’INU Champollion d’Albi et membre du laboratoire PLH-ERASME (Toulouse – Jean Jaurès).
 
Collection de l'École française de Rome 544

La chiesa di San Zulian a Venezia nel Cinquecento

Valentina Sapienza

La chiesa di San Zulian sorge a pochi passi da piazza San Marco forse già nel lontano IX secolo. Interamente ricostruita dopo il 1105, quando un incendio l’aveva letteralmente devastata, l’edificio è di nuovo in rovina nel 1553. Interviene allora il celebre medico Tommaso Rangone da Ravenna, in cerca di un luogo – un altro – che potesse perpetuarne la memoria presso i posteri. Grazie alle ingenti donazioni messe a disposizione dal generoso finanziatore, cui sarà concesso in cambio il diritto di sepoltura presso la cappella maggiore, la facciata e poi l’edificio tutto quanto vengono interamente ricostruiti su progetto di Jacopo Sansovino. Così la statua bronzea di Tommaso, opera di Alessandro Vittoria, con in mano un ramo di salsapariglia e uno di guaiaco (le piante medicinali deputate, secondo le sue scoperte, alla cura della sifilide), finisce per trionfare sul portale maggiore di San Zulian.
Se di queste vicende si sono occupati in molti, quasi nulla si sapeva del contesto socio-culturale in cui rinacque uno degli edifici più interessanti della Venezia del Cinquecento. Chi erano i membri della comunità di San Zulian? Chi sedeva tra i banchi del Santissimo Sacramento o della scuola dei Merciai? Chi fra i «zentilhomeni» e «i più i vechi et degni» cittadini della parrocchia era stato prescelto per la carica a vita di procuratore di chiesa? Chi contribuì alle vaste imprese decorative che videro attivi alcuni tra i più importanti pittori, scultori e architetti dell’epoca? E chi tenne le fila di questa gigantesca «opera corale», in cui la pittura sembra talvolta relegata a un rango inferiore?
Attraverso uno spoglio meticoloso dell’archivio di San Zulian e alcune preziose carte dell’Archivio di Stato di Venezia e attraverso una lettura attenta delle opere d’arte ancora in situ, che spesso rivelano ciò che i documenti tacciono, sono stati ricostruiti nel dettaglio il contesto di alcune delle confraternite presenti in chiesa, il funzionamento dell’immenso cantiere che occupò la comunità parrocchiale per almeno una trentina d’anni, i meccanismi di finanziamento delle imprese artistiche, il ruolo della comunità bergamasca e quello di almeno un altro praticamente sconosciuto mecenate, che da quella comunità proveniva, Gerolamo Vignola.

Valentina Sapienza insegna Storia dell’arte moderna all’università Ca’ Foscari di Venezia. Studia la pittura veneziana del Rinascimento, e in particolare il rapporto tra immagini, contesto e pensiero religioso.

Collection de l'École française de Rome 549

Lier et délier la propriété. Tutelle publique et administration des fidéicommis à Venise aux derniers siècles de la République

Jean-François Chauvard

Les fidéicommis étaient consubstantiels aux sociétés d’Ancien Régime. En rendant les biens indisponibles et en fixant la ligne de succession, ces fondations testamentaires visaient la conservation de l’assise matérielle des familles. Au nom de la libre circulation des biens et d’une conception absolue de la propriété, ils furent au XVIIIe siècle l’objet de critiques qui débouchèrent sur des réformes dans certains États italiens. Rien de tel dans la République de Venise où le patriciat n’envisagea jamais de réformes systémiques qui risquaient de remettre en cause les équilibres politiques et sociaux. Néanmoins, dès la fin du XVe siècle, l’État vénitien légiféra à mesure que les fidéicommis entraient en contradiction avec d’autres systèmes normatifs : le recouvrement des créances et des impôts et le remboursement des dots. L’État définit également les conditions de levée de l’inaliénabilité des biens et mit en place, sous l’égide des Juges du Procurator, une procédure pour garantir le réinvestissement des capitaux assujettis à fidéicommis (emprunts publics et prêts) au prix d’un travail administratif considérable. L’exploitation des archives de cette cour de justice permet d’éclairer le rôle de l’autorité judiciaire dans la cogestion des fidéicommis et celui des ayants droit qui pouvaient se comporter en administrateurs actifs, capables de remodeler le contenu du fidéicommis sans changer sa valeur. En scrutant les modalités du passage de l’indisponible au disponible, ce livre interroge l’élasticité d’un dispositif réputé pour sa rigidité ; il démontre aussi que les fidéicommis étaient une institution totalisante dont le gouvernement était autant une affaire de famille qu’une affaire d’État.

Ancien directeur des études modernes et contemporaines à l’École française de Rome, Jean-François Chauvard est professeur d’histoire moderne à l’Université Lumière Lyon 2 - LARHRA. Ses travaux portent sur l’histoire des sociétés urbaines de l’Italie moderne, en particulier sur le monde vénitien.

Collection de l'École française de Rome 528

Mégara Hyblaea 7. La ville classique, hellénistique et romaine

Henri Tréziny, avec la collaboration de Frédérique Mège

Mégara Hyblaea 7. La ville classique, hellénistique et romaine est essentiellement la publication des fouilles menées par François Villard et Georges Vallet entre 1949 et 1975. L’attention des fouilleurs s’étant focalisée sur l’agora archaïque, les niveaux récents ont été moins étudiés, à l’exception du temple hellénistique (Mégara Hyblaea 4, 1966). L’étude actuelle se fonde sur un réexamen des données d’archive ainsi que sur une relecture systématique des vestiges visibles, accompagnée de quelques nettoyages et sondages de contrôle. Le dossier stratigraphique est donc limité et la chronologie difficile à fixer dans le détail. On propose cependant des modifications importantes dans les datations relatives et absolues de nombreux monuments (temple, fortification, bains). L’essentiel des vestiges commentés dans ce livre porte sur le IIIe s. av. J.-C. et le règne de Hiéron II, mais on s’est vite rendu compte de l’importance de l’époque classique et de la réoccupation d’époque romaine, jusque là méconnues, d’où le titre plus large donné au volume.
Le livre se présente donc comme la suite du Mégara 5, mais surtout comme le préalable indispensable à une reprise de fouilles modernes sur les niveaux post-archaïques de Mégara Hyblaea.

Ancien élève de l’ENS Saint-Cloud et de l’EFR, Directeur de recherche émérite au CNRS (Aix-Marseille Université, Centre Camille Jullian) Henri Tréziny travaille à Mégara Hyblaea depuis 1973. Il a publié en 2004 avec Michel Gras et Henri Broise le volume Mégara Hyblaea 5. La ville archaïque.

 
Collection de l'École française de Rome 1/7

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