Les normes ecclésiastiques entre Orient et Occident (IXe-XIXe siècle)

Category : L'EFR La recherche
Place and date :

l'Ecole française de Rome

From 01-11-2016 to 12/01/2016

Atelier préliminaire

Les normes ecclésiastiques entre Orient et Occident

 

Une histoire croisée de la circulation des modèles et des pratiques entre les communautés chrétiennes d’Europe et de Méditerranée (IXe-XIXe siècle)

organisé par

Camille Rouxpetel et Laurent Tatarenko (membres de l'EFR)

L’historiographie des relations entre les Églises d’Orient et d’Occident a longtemps été marquée par la prégnance des questions ecclésiologiques réinterprétées à l’aune de préoccupations politiques et nationales. Face à cette tradition historiographique, nous souhaitons dépasser ces cloisonnements en insistant à la fois sur le croisement des approches et sur une mise en résonance des pratiques normatives propres aux différents territoires. Le projet propose de réfléchir à la notion même de norme ecclésiastique, entre pratique et modèle : quels sont les processus suivis dans l’énonciation d’une norme et qu’en est-il de son pouvoir performatif par rapport aux pratiques quotidiennes de l’Église ? La pertinence de cette interrogation ne se révèle pleinement que sur la longue durée qui dépasse largement les barrières entre les époques médiévale, moderne ou contemporaine et les démarcations entre les spécialistes de l’Orient ou de l’Occident, les théologiens ou les historiens. En effet, seule une approche comparatiste entre périodes et entre territoires, à l’intérieur de contextes politiques variés, permet de saisir véritablement des phénomènes qui sont loin d’être linéaires. Comment les relations entre pouvoirs souverains, Églises et communautés influencent-elles la définition des pratiques et de l’identité propre de ces dernières ? La variété des cadres légaux, la dhimma ou les divers statuts juridiques relatifs aux minorités religieuses dans les États chrétiens, et des conditions de leur mise en œuvre, ajoute à la labilité de l’identité collective de chaque Église et de chaque communauté, reformulée dans une tension permanente entre autodéfinition et reconnaissance extérieure, légitimité historique et stratégie sociale. L’histoire de chacune d’entre elles est marquée par des emprunts réciproques et de nombreux tâtonnements, reflétés par les sources institutionnelles, les traités ou les récits ecclésiastiques et les empreintes matérielles. Pour cela, chacun des trois pôles du programme éclaire différemment la production normative : Jérusalem par la compétition exacerbée des différentes communautés chrétiennes sous souveraineté islamique ; Rome par ses constantes interactions avec l’ensemble de la chrétienté et Athènes à travers la prégnance de l’héritage byzantin comme repère accepté ou combattu dans l’ensemble des traditions chrétiennes de rite oriental.

 

Avec la participation de : Tassos Anastassiadis (EfA), Elena Astafieva (CNRS), Paul Bertrand (UCL), Bernard Heyberger (CNRS/EHESS), Dominique Iogna-Prat (CNRS/EHESS), Julien Loiseau (CRFJ), Camille Rouxpetel (EfR), Cesare Santus (EfR) et Laurent Tatarenko (EfR).

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